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homélie du 20 septembre 2009, 25ème dimanche
Jésus pérégrine en secret avec ses disciples. Il les instruit des choses les plus pointues le concernant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. ». Ce n’est pas de façon inattendue qu’il perdra la vie. Il le sait, il l’assume, et il a la conviction intérieure que c’est ainsi qu’il mènera sa mission jusqu’à son couronnement. Plus tard, il dira même : le fils de l’homme est venu pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude.
Les disciples ne sont pas vraiment au diapason de ce que Jésus leur enseigne. Ils ne captent pas grand-chose,
et cela ne les touche pas trop, ou plutôt cela ne les touche pas où Jésus aimerait que cela les touche. Dimanche passé Pierre disait à Jésus qu’il fallait que celui-ci cesse de se mettre des idées si noires dans la tête. Jésus l’avait durement contredit. Aujourd’hui, tout en ne comprenant pas ce que Jésus leur dit, ils discutent du contraire : qui est le plus grand d’entre nous ?
On dirait qu’ils sont tellement gênés de ce que Jésus leur enseigne qu’ils essaient de repousser tout cela.
Ce n’est pas encore compréhensible pour les disciples que Jésus veuille donner sa vie pour eux. Pourtant, plus tard ils seront capables de le percevoir et d’en témoigner. Pierre pourra écrire dans sa lettre : « Vous le savez : ce qui vous a libérés de la vie sans but que vous meniez à la suite de vos pères (...) c'est le sang précieux du Christ » (1P 1,18-19), mais maintenant c’est trop neuf, trop éloigné aussi des réflexions naturelles que l’homme se fait sur le sens de la vie.
Comment quelqu’un peut-il se faire le « serviteur de tous » en étant « livré aux mains des hommes » ? Ces questions des apôtres, elles sont souvent les nôtres aussi. Et nous ne sommes pas plus intelligents que les disciples, nous ne comprendrons pas plus vite qu’eux. C’est lentement que l’on comprend ce mystère de la rédemption, au fur et à mesure que l’on découvre que personne n’a à payer pour ses fautes puisque tous sont rachetés, au fur et à mesure que grandit notre amitié avec le Christ et qu’au cœur de cette amitié on apprend à se reconnaître pécheur, sans s’accabler mais dans l’émotion d’être déjà rejoint par l’amour et la gratitude d’être tant aimé sans le mériter.
Peu à peu, un chrétien peut découvrir l’œuvre du Christ non seulement dans sa prédication et ses miracles mais aussi dans le don de sa vie. Sur ce chemin de la compréhension de l’œuvre ultime du Christ, nous avons des témoins qui nous aident. Et si aucun ne donne sa vie pour que nous soyons sauvés du fossé que nous mettons entre Dieu et nous, certains donnent leur vie à cause de leur amour plus fort que tout le mal qui opprime l’homme. Je pense au père Maximilien Kolbe, incarcéré à Auschwitz comme tant de religieux polonais et qui pressé par la barbarie des soldats donnera sa vie pour un père de famille. Je pense au père Damien, qui, tandis que des hommes en reléguaient d’autres à vivre sans dignité sur une île perdue, choisit d’aimer ces hommes au prix de sa vie.
Par eux nous découvrons ce que c’est devenir le serviteur de tous jusqu’au bout, et nous pressentons pour nos vies d’homme et de femme que nous avons déjà commencé à prendre ce chemin et que nous trouverons beaucoup de bonheur à le continuer.
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