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Thérèse et les prêtres PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Pierre Hannosset   

 

« Réjouissez-vous avec Jérusalem » nous disait Isaïe. Mes amis, Aujourd’hui, le Seigneur nous dit : « Réjouissez-vous avec Thérèse, exultez à cause d’elle, vous tous qui l’aimez ». Car ce soir, nous avons le cœur en fête pour Thérèse et pour toutes les merveilles que le Seigneur a accomplies dans sa vie. Vous le savez, il y a 150 ans que le Curé d’Ars est mort. Et notre Pape a décidé que pendant une année, nous réfléchirions au sens du prêtre et que nous prierions pour eux d’une façon toute spéciale. Que cela tombe bien ! Thérèse aimait les prêtres, elle priait pour eux. Elle avait eu, vous le savez bien, le désir d’être prêtre, en même temps que plein d’autres vocations. « Je me sens la vocation de guerrier, de prêtre, d’apôtre, de docteur, de martyr » ... Et plus loin : « Je me sens le courage d’un croisé, d’un zouave pontifical ». Tellement de vocations qu’elle ne pouvait les embrasser toutes. C’est cela qui la conduira à dire : « Une seule mission ne me suffirait pas ». Et elle conclut, éclairée par l’apôtre Paul, par cette phrase que nous connaissons tous : « Ô Jésus mon amour ... ma vocation enfin je l’ai trouvée, ma vocation c’est l’amour. Dans le cœur de l’Église, ma Mère, je serai l’Amour. »

Mais Thérèse ne va pas vivre le fait de ne pouvoir être prêtre comme un regret. Voici ce qu’elle écrit en Juin 1897 : « Voyez-vous, le bon Dieu va me prendre à un âge où je n’aurais pas eu le temps d’être prêtre ... Si j’avais pu être prêtre, ce serait à ce mois de juin, à cette ordination que j’aurais reçu les saints Ordres. Eh bien ! Afin que je ne regrette rien, le bon Dieu permet que je sois malade, je n’aurais donc pas pu m’y rendre et je mourrais avant d’avoir exercé mon ministère. » Thérèse voulait être prêtre, elle aurait également tant désiré que ces frères le soient. « Depuis bien longtemps, j’avais un désir qui me paraissait tout-à-fait irréalisable, celui d’avoir un frère prêtre. Je pensais souvent, dit-elle, que si mes petits frères ne s’étaient pas envolés au ciel, j’aurais eu le bonheur de les voir monter à l’autel. » Elle ne peut être prêtre, ces frères qui sont au ciel non plus, alors, que va faire Thérèse ? Thérèse va entretenir un belle correspondance spirituelle avec deux prêtre et séminariste en particulier : Maurice et Adolphe, de futurs missionnaires en Afrique et en Chine. Nous en avons 16 lettres. Demandons-nous ce soir comment vivre notre vocation chrétienne en lien avec celle de prêtre; car que nous le soyons ou pas, cette vocation de prêtre peut donner une couleur spirituelle à toute notre vie, et faire grandir notre vie de chrétien. Je vous propose 4 pistes concrètes. Thérèse nous invite d’abord à prier pour les prêtres. En même temps qu’elle a un sens de la grandeur du ministère - peut-être à l’instar de ce qu’elle vit elle-même - elle se rend compte que le prêtre est bien petit pour une tâche si grande. Elle dira : « Oh que le Bon Dieu est peu aimé sur la terre !!! Même des prêtres et des religieux ... Non, le Bon Dieu n’est pas beaucoup aimé » Mes amis, avec Thérèse, priez pour nous, prêtres, pauvres pécheurs. Que nous aimions vraiment le Seigneur. Nous avons besoin de votre prière ! Thérèse, vous le savez, marchait pour les missionnaires. Alors que l’infirmière lui dit « Vous feriez mieux de vous reposer, cette promenade ne peut vous faire aucun bien dans de pareilles conditions : vous vous épuisez et c’est tout », elle répondra : « C’est vrai, mais savez-vous ce qui me donne des forces ? Eh bien, je marche pour un missionnaire. Je pense que là-bas, bien loin, l’un d’eux est peut-être épuisé dans ses courses apostoliques, et, pour diminuer ses fatigues, j'offre les miennes au Bon Dieu ». C’est un grand mystère de la vie spirituelle, un mystère dont on parle peu aujourd’hui, mais qui me semble tellement juste. Je vous invite donc à marcher pour vos prêtres ou à faire n’importe quoi d’autres pour eux. Je vous invite à ne pas quitter cette chapelle sans vous être demandé : « Que vais-je offrir, concrètement, cette semaine, pour le curé de ma paroisse ? » Je ne sais pas vous l’expliquer, mais je sais que « ça marche ». Dans ces derniers entretiens, Thérèse nous confie : « Si j’avais été prêtre, j’aurais appris l’hébreu et le grec; je ne me serais pas contentée du latin, comme cela j’aurais connu le vrai texte dicté par l’Esprit-Saint. » Troisième piste que Thérèse nous donne ce soir : un grand amour de la Parole de Dieu. Elle vivait à une époque où l’on ne pouvait pas avoir accès à toute la Bible, mais elle était imprégnée par ce qu’elle pouvait lire, comme une éponge qui aspire toute l’eau pour la rendre ensuite. Ces écrits « transpirent » la Parole de Dieu. Thérèse nous demande aujourd’hui : « Quelle est la place de la Parole de Dieu dans ta vie ? » Est-ce que nous recevons tous les jours la Parole comme une lettre d’amour que Dieu nous envoie personnellement et de façon unique ? Thérèse disait enfin : « Que j’aurais voulu être prêtre pour prêcher sur la Vierge Marie ! ». Vous le savez, Marie était toute proche de Thérèse et cette proximité spirituelle, Thérèse avait donc envie de la partager. La Providence a voulu que la fête de Thérèse se situe au début du mois du Rosaire, ce rosaire qu’elle portait à sa ceinture. Pour ma part, je me souviens que c’est dans cette chapelle, alors que j’étais séminariste que j’ai fait ma consécration à Marie. Et si Thérèse nous conduisait ce soir aussi sur les chemins de Marie; si elle nous entraînait aussi sur les chemins de la Pauvreté de Marie, elle l’humble servante que toutes les nations diront bienheureuse ? « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’a révélé aux tout-petits ». Petite Thérèse, petite Marie... Je crois que la Pauvreté spirituelle agit par contagion, comme la fameuse grippe A. C’est en côtoyant des gens humbles que nous devenons humbles nous-mêmes. Prendre Marie dans sa vie, comme et avec Thérèse, c’est nous laisser transformer et devenir de plus en plus petits ... pour être de plus en plus grands ... Alors, nous tous qui « peinons sous le poids du fardeau », approchons-nous du Seigneur. Ainsi « nous serons comme des nourrissons que l’on porte sur son bras, que l’on caresse sur ses genoux. » Laissons donc Jésus nous prendre sur ses genoux : « De même qu’une mère console son enfant, moi-même je vous consolerai. » Amen

 

Mise à jour le Lundi, 05 Octobre 2009 19:02