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Chaque fois que nous fêtons un Apôtre, connu ou moins connu, la liturgie nous invite à réfléchir au sens de l’Église. Avec, aujourd’hui, cette expression choc qui a marqué l’Amandier : « Nous sommes la demeure de Dieu ». Avoir un Dieu qui nous connaît, qui s’occupe de nous, c’est déjà pas mal, mais voilà que nous franchissons un grand pas en plus. Ce Dieu n’est pas au-dessus de nous, mais bien en nous, au cœur de notre cœur, comme disent les mystiques. Rappelez-vous la phrase de saint Augustin, au chapitre X des confessions : « Bien tard je t'ai aimée,ô beauté si ancienne et si nouvelle,bien tard je t'ai aimée !Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehorset c'est là que je te cherchais,et sur la grâce de ces choses que tu as faites,pauvre disgracié, je me ruais !Tu étais avec moi et je n'étais pas avec toi. »Dieu est en nous, nous sommes sa construction et en même temps, nous devons la devenir davantage chaque jour. Étonnant Paul qui nous dit les deux en même temps.
Comme souvent dans notre foi, nous sommes « déjà » et « pas encore ». Nous sommes déjà la demeure de Dieu dans le Christ Jésus – par sa mort et sa résurrection – et en même temps, nous devons la devenir - par l’Esprit Saint -. Il s’agit donc pour nous de nous laisser façonner, de nous laisser faire par lui. Sinon, notre construction risquera de ressembler à la tour de Babel – où seul le travail de l’homme comptait - alors qu’elle doit ressembler à la chambre haute de la Pentecôte - où les Apôtres et Marie priaient depuis 9 jours pour la venue de l’Esprit -. Voilà le mystère de l’Église que nous célébrons aujourd'hui grâce à Simon et Jude : une réalité déjà-là, un cadeau et en même temps une tâche pour faire advenir le « pas-encore » ... L’Évangile nous montre concrètement ce cadeau de Dieu : les Douze. Ça doit nous faire du bien de regarder les fondements de notre Église : des hommes d’une grande variété, pas du tout préparé à la tâche qui leur sera confiée par Jésus, avec des caractères parfois humainement difficilement harmonisables ... Et c’est cela l’Église. Nous ne sommes pas un club de gens biens, une association où l’on choisit ses adhérents sur des critères bien établis ... Nous sommes simplement le club des pécheurs pardonnés. Nous nous sommes présentés l’un à l’autre au début de cette eucharistie, en disant : « Je reconnais devant mes frères que j’ai péché, en pensée, en parole, par action et par omission. » Bizarre la façon que les chrétiens ont de se présenter ... Paul a fait la même chose, quand il raconte comment il persécutait les chrétiens, lui l’avorton. Pas mal non plus. Le mystère de l’Église est encore plus grand. Car, nous sommes des éléments de la construction de l’Église et nous-mêmes, nous avons été bâtis par tant et tant de personnes qui font ce que nous sommes aujourd'hui. Alors, vous imaginer combien nous sommes nombreux ce soir dans cette église. Nous sommes sans doute des milliers. Pensez quelques instants à celles et ceux qui vous ont aidés à vous construire. Quelque part, très mystérieusement sans doute, ils sont là aussi à travers nous. Enfin, le dernier verset de l’Évangile convenait particulièrement bien à l’Amandier. « La foule cherchait à le toucher ». Ce que nous faisons à chaque eucharistie, l’Amandier vous donne l’occasion de le faire tous les jours. N’hésitez pas à aller prier dans leur chapelle toujours ouverte, vous verrez combien ça fait du bien de « toucher » Jésus et de se laisser toucher par lui, de s’approcher de lui et de découvrir qu’il y a longtemps qu’il s’est approché de nous, puisqu’il est en nous. La relation à Jésus, nous fait respirer, enlève de notre vie toute peur. Amen. |