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homélie du 32ème dimanche, 8 novembre 2009 — Mc 12,38-44
Se laisser impressionner par ce qui est apparent, par la notoriété de quelqu’un, juger selon les apparences, voilà une attitude très répandue entre nous. Et c’est compréhensible : souvent nous devons nous faire assez rapidement une idée de la situation et trancher d’après ce qui saute aux yeux. C’est une pratique de survie.
Jadis ceux qui voulaient se faire remarquer sortaient en robe solennelle et cherchaient les premiers rangs dans les synagogues. Ils simulaient de longues prières. Aujourd’hui ce n’est bien sûr plus ainsi qu’on cherche à se faire approuver de tout le monde.
Il y a d’autres moyens, par exemple ridiculiser la foi et les croyants, critiquer le pape, se montrer indépendants... Ou bien, dans quelques milieux bien fermés, considérer qu’on est plus catholique que le pape et bien le montrer en critiquant tous les autres.
Aujourd’hui, à la place de tous les gens impressionnants et qui cherchent à se situer par rapport aux autres en se montrant comme des gens biens, Jésus nous montre une pauvre veuve, qui fait une action insignifiante : venir déposer deux piécettes dans le tronc de l’entrée du temple. De cette femme, Jésus dit qu’elle a fait plus que tout le monde.
En parlant ainsi à ses disciples Jésus montre qu’il connaît le cœur des hommes, et que c’est cela qu’il regarde. Et nous sommes impressionnés par cette connaissance intime qu’il a de chacun. Une connaissance, non pour accuser mais pour apprécier ces mouvements secrets de notre cœur vers le bien, quelle que soit la grandeur de l’action qui en découle.
Il y a des gens qui font quelques bonnes choses avec beaucoup de publicité, et qui sont unanimement reconnus. D’autres font le bien simplement et par leur heureux tempérament ils font finalement beaucoup de bonnes choses. On se dit que ce sont de véritables hommes de Dieu, mais qui connaît le mérite qu’ils ont vraiment aux yeux de Dieu ? D’autres encore ne semblent pas faire grand-chose, et pourtant Dieu sait qu’ils en font bien plus, car simplement tenir debout, ne pas désespérer, mener sa barque tant bien que mal est une œuvre qui leur aura coûté bien plus, en raison de leurs blessures intérieures, de leurs mauvaises dispositions de départ, des circonstances de leur vie...
Parmi les saints qui sont canonisés, il y en a de toutes sortes. À côté de papes et d’empereurs éminents, on trouve des religieuses ou des laboureurs inconnus. Et encore, ce sont ceux qui ont été reconnus par l’Église. Il y en aura d’autres, comme cette religieuse au tempérament exécrable, qui disait, car elle voyait bien qu’elle scandalisait beaucoup de monde : vous imaginez ce que ce serait si je ne connaissais pas Dieu ?
Au ciel nous serons étonnés de la disposition à la grâce que certains chrétiens ou non chrétiens ont développée. Au milieu de nous ils ne paraissaient pas spécialement proches de Dieu ni vertueux ni rayonnants, mais quand nous nous informerons nous apprendrons au-dessus de quel abîme ils se battaient et nous verrons toutes les victoires d’ouverture d’eux-mêmes ils ont remportées. Nous saurons qu’ils y ont mis « plus que tout le monde ».
Et finalement, puisque le Seigneur voit notre cœur et mesure toute chose par l’amour, engageons-nous à sa suite de tout notre cœur, chacun selon ses dons et sa vie, chacun se dépassant généreusement. |