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Noël - Messe de l'Aurore : "Avec les bergers" PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Pierre Hannosset   

Mes amis,

Les lectures de la première messe du Jour de Noël - celle qu’on appelle la messe de l’Aurore – ... ces lectures tournent notre regard vers les bergers de la crèche. Les bergers, vous le savez bien, c’est un peu chacune et chacun d’entre nous. Comme eux, nous avons reçu cette nuit l’annonce de la naissance de Jésus. Aujourd'hui, en regardant ce qu’ils font, nous allons comprendre comment, nous aussi, nous devons réagir à cette naissance de Dieu au milieu de nous. Je vous invite donc à les suivre ce matin.

La première chose que font les bergers, c’est de se mettre en route vers Bethléem. Bethléem, vous le savez sans doute, cela veut dire, en hébreu, « la Maison du Pain ». Première chose donc, que font les bergers, pourrait-on dire : ils vont à la messe, comme nous ce matin. Et Luc ajoute même qu’ils le font en se hâtant, comme Marie à la Visitation. Nous ne pouvons vraiment comprendre le mystère de la Nativité qu’à travers le mystère de l’Eucharistie. L’Évangile est d’ailleurs très fort; il nous dit que Jésus est dans une mangeoire. Un enfant, très grand théologien, m’avait dit un jour que si Jésus naissait dans une mangeoire, c’était pour y être mangé. Quelle juste théologie ... Jésus se fait chair pour nous donner sa chair à manger ! Noël nous invite donc à raviver notre foi en l’eucharistie et en sa grandeur.

Deuxième chose que les bergers font, ils découvrent l’enfant. Car il ne s’agit pas seulement d’aller à lui, de répondre à son appel à travers le message des anges. Il nous faut, en plus, le découvrir, c’est-à-dire en grec, faire une épiphanie, un dévoilement. Jésus se donne à nous dans un enfant, mais c’est à nous de voir dans cet enfant le Fils de Dieu, sa Parole éternelle. Les bergers font grandir en nous le sens de l’eucharistie, mais ils font grandir aussi en nous le sens de la quête spirituelle, de la recherche et de la découverte permanente du Seigneur. Un chrétien se hâte, toute sa vie, à chercher Dieu, à découvrir davantage qui il est et quel est son mystère. Nous ne parviendrons jamais à faire le tour de Dieu, à saisir vraiment qui il est. C’est pourquoi la liturgie n’arrête pas de parler du « mystère » de Noël. En cette fête, ravivons donc en nous le désir de voir Dieu. Comme dit un chant : « Je veux voir Dieu, le voir de mes yeux, joie sans fin des bienheureux ». Oui, nous pouvons le voir ce matin. Mais demandons la grâce de le reconnaître, cette grâce de le reconnaître dans toutes ces épiphanies : les sacrements, sa Parole, les petits et les pauvres, les signes des temps ...

Troisième chose, les bergers deviennent missionnaires. Ce qu’ils ont perçu, ils le proclament. Comme dira Pierre au jour de la Pentecôte : « Nous ne pouvons pas nous taire, nous ne pouvons pas ne pas dire ce que nous avons vu ». Il est bon de nous rappeler que toi, Seigneur, tu n’es pas venu dans le monde pour un peuple ou une Église particuliers, mais que tu es venu pour l’humanité tout entière. Et aujourd'hui, tu comptes sur nous. C’est nous qui, comme les bergers, sommes désormais chargés de l’annoncer au monde entier; et de l’annoncer dans la joie, comme les bergers. Avec les mots d’Isaïe dans la première lecture, nous devons annoncer à tous nos contemporains que nous sommes « un peuple-saint, que nous sommes rachetés-par-le-Seigneur, que nous sommes la-désirée et la-ville-qui n’est plus délaissée » ... Comme disait la première oraison : « Puisque cette lumière nouvelle nous a envahi, qu’elle resplendisse par toute notre vie. » La Noël ne nous garde pas dans un cocon, elle nous envoie, comme toujours par les routes du monde.

Enfin, quatrième chose que font les bergers, ils repartent « en glorifiant et louant Dieu. » C’est le sens de ce temps de Noël. Jusqu’à l’Épiphanie, jusqu’au Baptême du Seigneur et même, selon l’antique tradition, jusqu’à la Présentation de Jésus au Temple le 2 févier, nous devons louer et glorifier, nous devons rendre grâce. Nous devons dire « merci », tout simplement. C’est notre vocation de chrétien. Recevoir des cadeaux de Dieu et lui dire merci. On insiste, à juste titre sur le temps de l’Avent, mais on risque d’oublier le temps de Noël, le temps de l’action de grâces. Rendre grâce, c’est ce que nous allons faire maintenant, d’une façon particulière, en célébrant la grande action de grâces de l’Église qu’est l’eucharistie. Sainte fête de Noël à chacun !

 

Mise à jour le Vendredi, 08 Janvier 2010 10:57