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Noël - Messe du Jour : "Être unis à ta divinité" PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Pierre Hannosset   

Mes amis

Alors que toutes les autres messes de Noël racontent les événements de Noël à travers les évangiles de Matthieu et de Luc, saint Jean, lui, qui écrit son évangile beaucoup plus tard, nous conduit, durant cette dernière messe de Noël dans une théologie très élaborée du mystère que nous célébrons aujourd’hui.

« Au commencent était le Verbe ». Si Jean commence ainsi son évangile, c’est parce qu’il se souvient très bien de comment débute le premier livre de la Bible : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre ». Ce que nous célébrons aujourd’hui, c’est donc un nouveau commencement, une nouvelle création du monde. La Genèse nous disait que le monde était beau, que l’homme et la femme étaient très beaux. Aujourd’hui, c’est la splendeur absolue que nous contemplons. Le Verbe de Dieu, diraient les enfants, est très très très beau, ou comme diraient les adolescents, il est over-mega-giga beau. Isaïe nous le disait déjà dans la première lecture : « Comme il est beau de voir courir sur les montagnes, le messager de la Bonne Nouvelle qui annonce le salut ».

Alors, essayons de découvrir pourquoi ce nouveau monde, inauguré par Jésus est tellement beau.

Tout d’abord, parce que désormais, nous pouvons voir Dieu face à face. La tradition juive disait qu’on ne pouvait pas voir Dieu sans mourir, ou dit autrement, que si on voyait Dieu, c’est qu’on était mort. Désormais, Dieu, la Parole de Dieu a un visage. Il s’incarne dans un temps précis – il y a 2.000 ans – et dans un lieu précis – la Palestine -. Dieu ne fait pas semblant d’être humain, il l’est vraiment. Désormais, quoi que nous vivions, nous pouvons dire que Jésus lui-même l’a vécu, que Dieu l’a vécu. Il sait ce qu’il peut parfois en couter que de vivre sur terre, il sait – pas dans la tête, mais dans son corps – ce qu’est le travail, la souffrance, l’amitié, l’amour, mais aussi l’abandon et les épreuves. Désormais, toute notre humanité est entrée non seulement dans le cœur de Dieu, mais dans son corps. Désormais, il y a dans la sainte Trinité elle-même une part de notre humanité. Je vous invite donc à regarder, durant ce temps de Noël, un Dieu qui a pris un corps, Dieu, qui alors qu’il n’a pas péché, « s’est fait péché pour nous. »

Deuxième aspect que nous trouvons dans la très théologique aussi lettre aux hébreux, c’est que, dorénavant, nous sommes héritiers avec Jésus. C’est normal ... Puisque qui sont les héritiers ? Les enfants évidemment. Donc Jésus, le Fils de Dieu était l’héritier... Mais, en devenant homme, il est devenu notre frère et nous sommes devenus d’une façon toute particulière, fils avec le Fils, co-héritiers avec lui. C’est par Jésus que nous pouvons recevoir l’héritage de son Père. Et son héritage, nous le connaissons bien sans jamais le vivre pleinement, c’est son Amour. Parce que Jésus s’est fait chair, nous sommes aimés comme lui, le Père aime son Fils. Je vous invite à l’action de grâces, ce matin. Je suis aimé de la même manière que Dieu le Père aime Jésus son Fils, pas moins que cela ... Avouez que nous prenons fameusement de l’altitude par rapport à la buche, la dinde ou le Père Noël.

Enfin le troisième aspect, et c’est le cœur de la célébration de la messe du jour : Le mystère de l’Incarnation nous apprend que si Dieu s’est fait homme, c’est pour que l’homme devienne Dieu. C’est ce qu’on appelle dans notre jargon « l’admirable échange ». Cela aurait déjà été merveilleux que Dieu prenne un corps d’homme et vive notre humanité, cela aurait été encore plus merveilleux qu’il nous apprenne que nous sommes aimés de son Père comme lui, mais Jésus va encore plus loin. Je suis fait pour être Dieu. Non pas, ce Dieu qu’Adam a voulu être dans la Genèse : un Dieu à la place du Dieu créateur, en opposition avec lui, mais bien un Dieu-avec-lui. La prière que le prêtre ou le diacre dit, en silence, en versant l’eau dans le vin, le montre admirablement : « Puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité. ». Et la première oraison nous le disait déjà :  « Fais-nous participer à la divinité de ton Fils, puisqu'il a voulu prendre notre humanité. ». Et l’oraison finale nous le dira encore, comme pour enfoncer le clou : « Puisque le Sauveur, en naissant aujourd'hui, nous a fait naître à la vie divine, qu’il nous donne aussi l’immortalité. »

Mes amis,

Voilà l’incroyable auquel nous sommes appelés et dans lequel nous sommes déjà depuis 2.000 ans : pouvoir voir Dieu « pour de vrai » ce que nous allons faire en recevant la communion; être héritiers, comme lui, de l’Amour infini du Père; et enfin participer à sa divinité, entrer avec lui, dans l’icône de la Trinité.

Alors, vraiment à tous, une Sainte fête de Noël.

Mise à jour le Vendredi, 08 Janvier 2010 10:56