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Mercredi dans l'octave de Noël : "Avec Anne, fille de Phanuel" PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Pierre Hannosset   

Mes amis,

Durant l’octave de Noël, la liturgie nous donne de contempler des hommes et des femmes. Hier, elle nous donnait Syméon. Aujourd’hui, c’est Anne, fille de Phanuel de la tribu d’Azer. Comme pour Syméon, nous ne savons pas grand chose d’elle. C’est très bien ainsi, cela nous permet de nous identifier à elle plus facilement, de la prendre comme modèle, comme exemple, comme icône de notre vie. Anne va reconnaître Jésus.

Au milieu de tous les enfants qui étaient présentés tous les jours au Temple – c’était la Tradition – Anne repère « le bon » si on peut s’exprimer ainsi.

 

Qu’est-ce qu’on nous dit d’elle ? « Elle était prophète, elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. »

 

Et là est justement son secret. Le Seigneur nous dit, ce soir : « Si tu veux me reconnaître, au milieu du tohu-bohu de ta vie, il n’y a qu’un seul moyen : te tenir auprès de moi, par ailleurs. » Beaucoup de gens me disent souvent qu’à la place de prier, ils servent Dieu dans les plus petits, dans les plus souffrants. C’est tout-à-fait juste et beau, mais en même temps, j’ai un peu peur pour eux. Car si je ne prends pas du temps avec Dieu seul, je risque de ne plus le voir dans le pauvre; bien sûr, je verrai encore les souffrants, bien sûr, je continuerai à les aider, mais je risque de ne plus voir Jésus en eux. Nous pouvons alors devenir des super-assistants sociaux (et c’est très bien), mais nous ne voyons plus Jésus qui s’est fait pauvre dans les plus pauvres. Voilà sans doute un enjeu fondamental. Écoutez ce que dit notre Pape : « Notre Dieu se cache, il ne nous éblouit pas de sa gloire; il ne nous fait pas plier les genoux devant sa puissance. Il veut qu’entre lui et nous se réalise le mystère de l’amour qui présuppose la liberté ». Si Dieu est caché, je dois le chercher, et pour le trouver, je dois déjà l’avoir trouvé par ailleurs. « Tu ne me chercherais pas, si tu ne m’avais déjà trouvé » disait saint Augustin. C’est parce que nous trouvons déjà Dieu dans la prière, que nous avons envie de le trouver encore davantage à tout instant de notre journée, de notre vie, dans la banalité du quotidien. Les amoureux le savent bien : c’est parce qu’ils ont déjà trouvé l’amour en l’autre qu’ils le cherchent et le trouvent davantage par ailleurs : dans un petit mot doux laissé sur le frigo, par une photo qui rappelle un événement, par tel ou tel détail. Si, par contre, on n’aime pas déjà l’autre, tous ces petits signes de sa présence ne nous disent rien, ne nous parlent pas, ne sont pas des épiphanies de sa présence.

 

L’apôtre Jean nous l’explique bien dans la première lecture : il s’agit de connaître Jésus. Et je vous l’ai déjà dit souvent, le verbe « connaître » en hébreu est le verbe très concret de la relation sexuelle : « Adam connut Ève et elle engendra Caïn ». C’est le verbe de la relation amoureuse par excellence. Pour trouver Dieu, il faut l’aimer; l’aimer avec son cœur, son âme, son corps, son esprit. Nous sommes chaque jour devant ce choix : aimer le monde (qui a un accent très négatif chez Jean – c’est le mal-) ou aimer Dieu. Alors, avec le psaume : « Adorons le Seigneur, éblouissant de sainteté, entrons dans ses parvis et, dans cette eucharistie, rendons au Seigneur, la gloire de son nom ». Amen

 

Mise à jour le Vendredi, 08 Janvier 2010 10:55