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Mes amis,
Bonne fête à chacune et à chacun ! Bonne fête à vous, étudiants de notre Alma Mater et à vous membres du personnel qui nous avez rejoints aujourd'hui. Merci en particulier, à toi, Xavier, notre cher vice-recteur aux affaires étudiantes, tellement attaché à notre paroisse étudiante.
Ce soir, nous allons faire la fête, tous ensemble. Et cette fête, nous voulons la commencer avec le Seigneur. Nous voulons entendre de lui ce qu'il veut nous dire pour bien vivre cette soirée mais aussi pour bien vivre notre vie ici à Louvain-la-Neuve, qui que nous soyons.
Depuis la Noël, vous le savez bien, le Seigneur ne cesse de nous dire qu'il a soif de nous rencontrer, qu'il ne veut pas vivre sans nous.
Ce soir, il nous dit qu'il est la Lumière – symbolisée par nos cierges – mais la Lumière n'a vraiment de sens que si elle a quelque chose à éclairer. Évidemment, Dieu est Lumière en-soi, mais à quoi bon une lumière qui n'éclaire rien ? Elle n'a pas vraiment beaucoup de raison d'être. C'est cela que nous dit le Seigneur : « J'ai envie non pas d'être la Lumière, mais d'être Ta Lumière; j'ai envie de t'éclairer, toi qui es ici, j'ai envie d'éclairer ta route, d'éclairer ton université, d'éclairer tout Louvain-la-Neuve. »
Voilà l'Annonce, l'Annonciation que le Seigneur nous fait en ce jour de fête. Le Seigneur nous dit, à travers le prophète Malachie, qu'il habite dans son Temple. Pour un juif, le Temple était le lieu par excellence de la rencontre avec Dieu ... encore fallait-il que Dieu habite ce Temple. Désormais, nous disons que la terre est habitée par Dieu lui-même; Jésus est le Temple vivant de Dieu. Et, plus fort encore, depuis la Pentecôte, nous disons que nous sommes aussi le Temple de Dieu, habités que nous sommes par l'Esprit reçu à notre baptême et à notre confirmation.
Mes amis, cette annonce presque triomphante de la première lecture, se fait de façon toute humble, discrète, cachée dans l'Évangile. Alors comment être aujourd'hui des Syméon et des Anne qui ont su voir, dans ce petit enfant parmi tant d'autres enfants présentés au Temple, celui qui est la Lumière qui éclaire tout homme en ce monde, qui veut t'éclairer, toi, aujourd'hui ? Mettons-nous donc à leur école ...
En quelques lignes, on nous dit, par trois fois, que Syméon est un homme habité par l'Esprit-Saint, un homme qui se laisse guider par lui. Voilà le premier moyen de reconnaître la présence de Jésus-Lumière. Mes amis, il nous faut nous laisser guider par l'Esprit. Nous en faisons parfois l'expérience. En priant ou après avoir prié, il nous monte dans le cœur une idée, une intuition, une invitation – étonnante, surprenante la plupart du temps, contrariante même parfois -. Et si c'était l'Esprit ? Si c'était l'Esprit qui veut, comme pour Syméon, nous conduire au Temple, à la rencontre du Seigneur ? Je vous invite à ne pas avoir avoir peur, dans ces moments-là, mais à vous laisser faire, à vous laisser conduire comme un petit enfant. Si l'Esprit vous met quelque chose dans le cœur, c'est qu'il veut vous faire rencontrer la Lumière, la Beauté, Dieu lui-même, caché et tout petit. C'est l'histoire de toute vocation – et pas seulement réservée aux prêtres, aux religieux, religieuses et autres consacrés – mais de toute vie chrétienne. Prie et l'Esprit t'animera; il t'emmènera sur des chemins éclairés par Dieu lui-même. Ce soir, avec Syméon, nous pouvons voir de nos yeux le salut-même du Seigneur, si nous acceptons d'être conduits et non pas de conduire. Ce n'est pas nous qui avons à gérer la situation, c'est le Seigneur qui la gère, pour notre plus grand bonheur. Alors, acceptons de nous laisser dépasser par Dieu.
Même combat pour Anne, poursuit l'Évangile « qui passait toute sa vie à proximité du Temple. » Ce n'est pas pour rien que Luc insiste dans cet Évangile sur la nécessaire proximité avec le Seigneur.
Anne nous emmène plus loin : « elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l'enfant » nous dit Luc. Il y a quelques jours, à Taizé, un jeune a demandé à frère Alois : « Que devons-nous faire comme jeunes chrétiens ? ». Sa réponse en a étonné plus d'un, parce que on s'attendait peut-être à du pratico-pratique. Il nous a répondu : « Annoncez l'Évangile, témoignez du Christ. Il n'y a plus aucun tabou dans notre société – a-t-il continué – sauf celui de la religion. Faites tomber ce tabou : dialoguez avec les autres jeunes, invitez-les à un repas, répondez à leurs questions et dites-leur pourquoi vous croyez ». Mes amis, Je suis convaincu que notre fête de ce soir est une façon de faire tomber ce tabou et de témoigner de ce qui, de qui nous fait vivre. Nous ne témoignerons pas beaucoup en paroles ce soir, mais par notre manière-même de faire la fête, de vivre la fête.
Comme Marie, Patronne de notre université, nous sommes étonnés ... et c'est très bien. Avec le Seigneur, on va d'étonnement en étonnement ... Mais l'étonnement nous conduit à l'émerveillement. Que cet émerveillement d'un Dieu qui nous éclaire nourrisse toute cette eucharistie et nous donne d'être , à notre tour, des petites lumières, sur la Grand-Place et tout le reste de l'année académique. Notre Pape disait hier à Rome : « Plus on s'approche de Dieu, plus on est proche de Lui, plus on est utile aux autres ».
Bonne fête patronale. Amen ! Alléluia ! |