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"Envoie-moi, je serai ton messager" 5ième dimanche ordinaire - C - PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Pierre Hannosset   

Mes amis,

Que Dieu est étrange; Paul parlera même de la folie de Dieu. Oui, Dieu est un peu fou et nous le voyons aujourd'hui dans la manière qu'il a de choisir ceux qu'il envoie. Franchement, Dieu aurait pu prendre des saints et des gens compétents – des théologiens – pour l'annoncer au monde. Ça ne manquait pas ... Et pourtant, là n'est pas le choix de Dieu. Il choisit Isaïe, l'homme aux lèvres impures, Paul, l'avorton persécuteur et Pierre, l'homme pécheur ...

Pourquoi donc, Seigneur, agis-tu ainsi, pourquoi prends-tu ce risque immense de confier à de tels hommes le trésor de ta Bonne Nouvelle ?

Regardons Isaïe pour comprendre un peu mieux. Et tout d'abord, c'est devant la gloire de Dieu que le prophète va reconnaître son indignité profonde. Non, ce n'est pas du misérabilisme, c'est une simple conséquence, tout-à-fait normale. Vous le savez bien, c'est face à la lumière que les ténèbres deviennent encore plus noires ... Ce sera la même chose pour Pierre. C'est en constatant la pêche miraculeuse qu'il va aussi prendre conscience de son indignité. C'est donc un signe ... Si nous avons l'impression que le Seigneur a finalement fait un bon choix en nous choisissant, c'est que, sans doute, nous ne faisons pas l'expérience de sa grandeur, de sa transcendance fondamentale.

Mais je pense que le Seigneur nous choisit aussi, petits et pauvres, pour bien nous faire comprendre que c'est lui qui agit et pas nous. De nouveau, vous l'avez compris, il ne s'agit pas de nier les compétences humaines ou de les compter pour rien – Dieu se sert aussi de notre intelligence -, mais de bien se rendre compte qu'il n'y a que lui qui peut leur donner une réelle efficacité. Nous pouvons avoir toutes les qualités requises, sans le Seigneur, cela n'est rien. Rappelez-vous le bel hymne à l'Amour de saint Paul : « Si je n'ai pas l'amour, cela ne me sert à rien ». Dieu est Amour. Alors, relisez ce texte en remplaçant chaque fois le mot amour par le mot Dieu et vous verrez : toutes les langues de la terre et du ciel, toute la fortune, tout le dévouement ... cela ne sert à rien sans Dieu. Et donc, forcément, cela se voit d'autant plus quand on n'a pas ces qualités; cela devient une évidence quand on voit un persécuteur et un renégat devenir les deux piliers de l'Église. « Nous portons des trésors, dira encore Paul, mais dans des vases d'argile ». Ne nous prenons pas pour un « cristal du Val-Saint-Lambert ». Nous sommes des poteries sans valeur.

Cela nous préserve de l'orgueil, - je n'ai pas été choisi en fonction de mes mérites, de mes qualités, de mes capacités mais parce que Dieu seul l'a décidé, selon son bon plaisir -. Mais, en même temps, Dieu a besoin des pauvres cruches que nous sommes. Il faut qu'Isaïe dise : « Moi, je serai ton envoyé : envoie-moi », pour qu'il y ait un prophète; il faut que, comme les Apôtres, nous laissions tout pour le suivre, pour que le collège des Apôtres se forme; il faut, comme Paul; que nous nous donnions de la peine plus que les autres, pour que la Bonne Nouvelle soit annoncée au monde entier.

Voilà, il faut le tout pour être un bon envoyé du Seigneur.

Prendre conscience de la grandeur de Dieu qui me remet à ma juste place, savoir que c'est Dieu qui fait le plus gros du travail et enfin, il faut lui donner une réponse positive. Bernadette de Lourdes disait : « Je suis le balai du Bon Dieu. Quand on a fini de s'en servir, on le range derrière la porte ». Oui, Seigneur, je ne suis qu'un balai; oui, Seigneur, mon balai n'a de sens que s'il est manipulé par toi; mais, Seigneur, c'est de grand cœur que j'accepte d'être ton balai pour que vienne ton Royaume. Amen.

Mise à jour le Dimanche, 07 Février 2010 08:27