Accueil > homélies > L'amour ne passera jamais, le reste n'est que poussière...
L'amour ne passera jamais, le reste n'est que poussière... PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Luc Terlinden   

Homélie du mercredi des cendres 11h

 

Dans le temps, en signe de pénitence, on déchirait ses vêtements et on recouvrait sa tête de cendres. Aujourd’hui, heureusement, nous ne recevons plus tout un pot de cendres sur la tête ! Juste un petit peu sur le front. Parce que ce n’est pas tellement la quantité de cendres qui compte, mais bien la vérité de notre coeur. C’est le coeur qu’il faut déchirer et non les vêtements.

Autrement dit, le carême qui commence nous donne l’occasion de regarder notre coeur et d’y voir qu’il y a aussi des choses à changer, des bêtises et des péchés à se faire pardonner. Nous avons parfois besoin de remettre de l’ordre dans notre disque dur, de faire un « reset », de réinitialiser la machine

Mais attention, ce n’est pas par peur ou par contrainte que nous allons faire un « reset ». C’est parce que, comme le dit Paul, Dieu lui-même nous y appelle (cf. 2 Co 5,20 - 6,2). Non pas sous la menace, mais parce qu’il est « tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour » (Jl 2,13). Voilà pourquoi, en carême, nous nous sentons tout spécialement invités à changer notre coeur, à accueillir le pardon du Seigneur, à nous convertir : parce que Dieu nous y appelle avec tendresse et amour.

C’est aussi ce que la parole du prêtre signifie quand il impose les cendres : « Convertis-toi et crois à la Bonne Nouvelle ». Change ton coeur et crois à la Bonne Nouvelle qui nous révèle que le Seigneur ne veut pas la punition ou la mort du pécheur mais qu’il vive !

Toutefois, le prêtre peut également choisir une autre parole pour imposer les cendres : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière ». Cela m’avait toujours un peu gêné. Ne suis-je donc que poussière ? Je comprends toutefois cette parole différemment aujourd’hui. Car je dois bien constater qu’il y a des choses, même bonnes, qui ne durent pas. Ainsi, même le meilleur vin du monde, après un certain temps, devient du vinaigre.

Il y a des choses qui passent. Même le monde passe et ce qui nous entoure n’est pas éternel. Cette parole « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière », je la vois donc comme une invitation à donner la priorité à ce qui ne passe pas. Une chose n’est pas appelée à disparaître : la charité, l’amour qui ne passera jamais.

Le carême est un temps pour aller à l’essentiel, à ce qui dure et ne périt pas. C’est bien le sens du jeûne, de l’aumône et de la prière : savoir prendre du recul, même vis-à-vis de choses bonnes, pour aller à l’essentiel, c’est-à-dire l’amour de Dieu et du prochain. Nous comprenons d’ailleurs que le jeûne, le partage et la prière n’ont pas besoin de se faire entendre et remarquer avec tambours et trompettes ! Car l’essentiel - la charité, l’amour de Dieu et du prochain - ne fait pas de bruit, mais passe souvent presque inaperçu. L’amour de Dieu, l’amour de mon prochain, la pardon partagé ou la miséricorde sont appelés à durer, à rester pour la vie éternelle. Le reste n’est que poussière...

 

Mise à jour le Jeudi, 05 Août 2010 09:33