Accueil > homélies > Courir avec les jambes de l'amour et les yeux de la foi
Courir avec les jambes de l'amour et les yeux de la foi PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Luc Terlinden   

Homélie du jour de Pâques - 10h

Ce matin, comme Marie Madeleine, Pierre et l’autre disciple, nous courons au tombeau. Qu’est-ce qui nous fait courir ? C’est l’amour de Jésus. L’amour qu’il a manifesté dans tout le pays de Juifs et à Jérusalem, en faisant le bien et en guérissant les malades (cf. Ac 10, 39) . L’amour qu’il a, en particulier, manifesté cette dernière semaine, depuis son entrée sur un petit âne à Jérusalem jusqu’à l’offrande de sa vie à la croix, en passant par le lavement des pieds, lors du dernier repas avec ses disciples, le jeudi saint.

Il n’est d’ailleurs pas étonnant que celui qui court le plus vite vers le tombeau est le disciple que Jésus aimait. Car c’est l’amour qui nous fait avancer. L’amour de Jésus et l’amour que nous avons pour lui en retour. Dans la course de Pâques de ce matin, les jambes qui nous permettent de courir sont l’amour de Jésus.

 


C’est donc avec confiance que nous courons ce matin vers le tombeau : confiance en celui qui nous aime et que nous aimons. Et cette confiance porte un nom : la foi. Car la foi est essentiellement confiance. Ce matin de Pâques, nous sommes donc particulièrement invités à la confiance.

Une confiance qui n’est pas aveugle pour autant. Car le disciple que Jésus aimait, une fois arrivé dans le tombeau, voit : “Il vit et il crut” (Jn 20, 8). Il voit toutefois au-delà des apparences, au-delà du tombeau vide, du linceul resté là et du linge roulé à sa place. Il voit l’invisible mais qui n’est pas moi réel. Il voit, avec les yeux de la foi, le Christ ressuscité.

Voilà bien en qui se met notre confiance ce matin : en Jésus ressuscité. Et cette confiance est nourrie par deux choses. D’abord, par l'Écriture et le témoignage des prophètes. Si nous voulons renforcer notre confiance, notre foi en la résurrection, il nous faut sans cesse retourner à l'Écriture et laisser Jésus, comme sur le chemin d’Emmaüs, nous en ouvrir le sens.

Avec les Écritures, notre confiance, notre foi en Jésus ressuscité se nourrit aussi du témoignage de Pierre et des Apôtres, de ceux qui sont témoins de tout ce que Jésus a fait dans le pays des Juifs et qui ont mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts. C’est ce témoignage qui se transmet dans l'Église, comme une tradition vivante, depuis 2000 ans. Malgré les défaillances de ses membres, y compris malheureusement de ceux qui devraient être des exemples, l'Église nous transmet le beau témoignage de la foi en Jésus ressuscité. En l’accueillant, nous grandirons nous aussi en confiance.

Les jambes de l’amour et les yeux de la foi en Dieu nous donneront alors leur plus beau fruit : l’espérance. Dans nos vies, où il nous arrive de croiser la souffrance, la croix, le tombeau, le désespoir... l’amour de Jésus et la confiance en Dieu font naître l’espérance. Cette assurance que, morts avec le Christ par notre baptême, notre vie reste cachée avec lui en Dieu (cf. Col 3, 3).

Bien sûr, c’est encore caché, presque secret. Mais cette espérance n’en est pas moins réelle et présente dans le quotidien de nos vies, à travers tous les germes d’espérance qui se donnent à nous.

Alors, ce matin, repartons du tombeau avec le cœur rempli de l’amour de Jésus, avec une confiance renouvelée en Dieu et une nouvelle espérance. Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité, Alleluia !

Mise à jour le Jeudi, 05 Août 2010 09:33