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Écrit par Luc Terlinden
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Homélie du quatrième dimanche de Pâques
« Mes brebis écoutent ma voix ; moi les connais et elles me suivent » (Jn 10, 27)
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S’il y a bien une chose que le Seigneur attend de nous, c’est l’écoute. Car sans écoute, il ne sera jamais possible au Bon Pasteur de rassembler ses brebis. Imaginez ainsi un berger qui devrait appeler et réunir un troupeau constitué de brebis sourdes. Ce serait vite le chaos. La seule chose qui pourrait alors encore servir, c’est d’envoyer les chiens mordre l’arrière-train de ces ovidés pour les rassembler par la force !
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Mais Jésus, notre Bon Pasteur, a toujours refusé l’usage de la force pour appeler ses disciples à le suivre. Non, c’est par la douceur et la miséricorde qu’il appelle, librement, des femmes et des hommes à le suivre. Ceux qui lui ouvrent les oreilles du cœur écoutent sa voix et le suivent, avec confiance, car il est vraiment pour eux un vrai berger.
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En écoutant sa voix, ils prennent même conscience qu’ils sont des cadeaux, des dons du Père à Jésus le Bon Pasteur. Oui, si nous écoutons la voix du Bon Pasteur, nous découvrons que le Père nous aime tellement qu’il fait de nous un don, un cadeau confié à la bienveillance de Jésus, le Bon Pasteur. Et que rien ne peut nous séparer de lui, car il nous a reçus du Père et personne ne peut rien lui arracher de sa main, car il est plus grand que tout. Oui, à travers tout, c’est à la confiance et à l’abandon entre les mains que du Père que l’écoute de la voix du Bon Pasteur nous conduit, comme vers « celui qui essuiera toute larme de leurs yeux » (Ap 7, 17).
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L’écoute du Bon Pasteur ne conduit cependant pas à perdre son identité, à se fondre dans la masse du troupeau. Au contraire, comme Jean le voit dans l’Apocalypse, c’est une foule immense de toutes nations, races, peuples et langues qui est rassemblée. Autrement dit, s’il y a un seul Pasteur dans l'Église, Jésus le Christ, il existe une multitude de manières de le suivre pour ceux qui écoutent sa voix. Cette diversité s’exprime dans la diversité des vocations et des appels dans l'Église.
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Cette diversité, nous avons pu la découvrir à l’occasion du pèlerinage de la trentaine de jeunes de la paroisse qui sont partis, la deuxième semaine des vacances de Pâques, à Turin, sur les pas de Don Bosco, Maman Marguerite, Dominique Savio, Pier Giorgio Frassati, Marie-Dominique Mazzarello... En une même région, nous avions un bel échantillon de cette diversité des vocations et des dons dans l'Église.
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Commençons par Jean Bosco, le bon pasteur des jeunes. Il est impossible de résumer tout ce que celui-ci a fait et accompli. Deux choses toutefois me touchent plus particulièrement chez lui. Une première est que, doté d’un tempérament fort et d’un physique solide, Jean Bosco a appris de Jésus et de Marie que ce n’est pas par la force et les coups qu’il éduquera les jeunes mais par la douceur et la charité, en faisant d’eux des amis.
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Don Bosco a été vraiment, à l’image de Jésus, un bon pasteur, un vrai berger pour les jeunes. Il n’a pas utilisé la force pour les mettre au pas (en envoyant les chiens) mais, par la douceur et la simple présence à leurs côtés, il s’en est fait des amis. Et un ami, on l’écoute, on est prêt à le suivre.
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Deuxième chose qui me touche chez lui, c’est la joie. Déjà, à l’école, il avait fondé, avec quelques camarades, la Société de la joie. Et quand il est entré au séminaire, il a vu un cadran solaire avec cette inscription : « Pour les esprits moroses, les heures coulent lentes ; pour les cœurs joyeux, elles passent rapides ». Don Bosco dit alors à un ami : « Voici notre programme : soyons toujours joyeux et le temps passera vite ! »
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Un chrétien n’est jamais berger tout seul. C’est avec d’autres que nous pouvons être bergers à l’image de Jésus. Car tous, par notre baptême, sommes appelés à être bergers, à devenir pasteurs comme l’Agneau de l’Apocalypse. Don Bosco ne sera pas berger tout seul : il y aura à ses côtés Maman Marguerite, Marie-Dominique Mazzarello et les jeunes eux-mêmes, dont le plus bel exemple est saint Dominique Savio. Mais ce qui les réunit tous, c’est l’Agneau, le Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. Celui qui se donne à voir sur le Saint Suaire de Turin.
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Aujourd’hui, demandons donc au Seigneur un cœur qui écoute la voix du Bon Pasteur, qui se laisse toucher, pour découvrir la manière dont il nous appelle à le suivre et à être bergers pour et avec les autres : comme chrétien engagé dans le monde, comme papa ou maman, comme consacré(e), comme prêtre... Demandons aussi à l'Église et ses responsables de développer ce sens de l’écoute et du discernement, surtout en ces temps difficiles, pour opérer les choix nécessaires et se mettre toujours au service des plus petits.
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Mise à jour le Jeudi, 05 Août 2010 09:32 |
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