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Pourquoi suis-je ici? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Luc Terlinden   

Homélie du mercredi 28 avril 2010

Nous pouvons nous demander ce que vous faites encore dans cette église. En effet, après tous les événements douloureux de ces derniers jours, certains, en général des observateurs extérieurs, se sont posés cette question. Comment s’afficher encore chrétien après tout ce qui vient d’être révélé ? Pourtant, ce WE, notre église de LLN n’était certainement pas moins peuplée que d’habitude. Et, ce soir encore, vous êtes là en nombre. Pourquoi ?

 

Je ne répondrai pas à votre place. Je parlerai d’abord pour moi. La réponse de ma présence dans cette église ce soir est dans l'Évangile. Elle est dans cette parole de Jésus, dont Jean précise qu’il l’affirmait avec force. C’est donc une parole solide, d’autorité, car elle ne vient pas de lui-même mais de Dieu le Père. La parole de Jésus est un rocher sur lequel je peux m’appuyer. Elle me relie à Dieu.

 

Voilà déjà pourquoi je suis parmi vous ce soir. Parce que je crois en cette parole et en celui qui l’affirmait avec force : Jésus. Il nous le dit : « Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres » (Jn 12, 46). Si les ténèbres se sont introduites dans l'Église elle-même, elle reste toutefois toujours éclairée par la lumière qu’est le Christ.

 

Celui qui met sa confiance dans la parole de Jésus devient capable de traverser les ténèbres les plus obscures, car il est guidé par la lumière qui ne faiblit pas : la lumière de Pâques, du Christ ressuscité, vivant, vainqueur du péché et de la mort. Sans cette parole et cette lumière, nous ne serions pas ici ce soir.

 

Cette parole, nous la découvrons aussi féconde. Elle porte du fruit, comme au temps des apôtres où, nous dit la première lecture, la Parole de Dieu était féconde et se multipliait.

 

Si la parole est féconde et se multiplie où elle veut, on ne peut pas la cloisonner à l'Église visible. Elle connaît toutefois un lieu de culture de privilégié : l'Église. Je n’oserais pas parler ici de l'Église comme d’un lieu de « fécondation in vitro » de la parole... Elle est toutefois le lieu par excellence de son développement et de sa croissance, son biotope naturel. Sans l'Église, la parole deviendrait lettre morte. A bien réfléchir, c’est à l'Église que je dois de pouvoir connaître cette parole et le Christ.

 

Voilà pourquoi également je suis avec vous ce soir. Parce qu’en communauté, je reçois la parole et elle se multiplie, de la même manière qu’elle était féconde et se multipliait, à Antioche, au temps de Paul, Barnabé, Jean-Marc, Syméon ou Niger...

 

Pour nous aussi, à « Antioche-la-Neuve », la parole est féconde. Nous avons même la chance, le temps des études, de pouvoir la laisser croitre et se multiplier dans un milieu favorable, grâce à notre paroisse étudiante, nos kots chrétiens... un peu comme dans une serre qui permet de laisser grandir les jeunes pousses de la foi. A l’image de Paul et Barnabé, nous vivons un temps de croissance privilégié dans la foi, dans la confiance en Jésus et sa parole.

 

Mais comme Paul et Branabé, nous serons aussi appelés à quitter « Antioche-la-Neuve », à partir pour être envoyés en mission par l’Esprit Saint. L’écoute de la parole conduit à la mission, à être envoyé. Chacun à sa manière. Car ce qui fait la beauté de la croissance de la parole, c’est qu’elle donne naissance à une forêt tropicale, qui comprend une grande variété de plantes, d’arbres et de fleurs.

 

Si nous sommes ce soir ici à Saint-François, nous savons que ce n’est pas pour y rester toujours. Ce sera pour repartir un jour, pour fleurir là où le Seigneur va nous planter et découvrir la joie d’être missionnaire, d’annoncer cette parole que nous recevons dans la foi, qui nous illumine dans les ténèbres et nous fait grandir pour porter du fruit en abondance.

 

Mise à jour le Jeudi, 05 Août 2010 09:32