Accueil > homélies > Merci!
Merci! PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Luc Terlinden   

Homélie de la messe d'au revoir de Luc - 12 septembre 2010

Ayant été à bonne école à la paroisse, je ferai une homélie en trois points !

 

Premier point. Ce matin, je fais particulièrement miennes ces paroles de Paul entendues dans la première lecture : « Je suis plein de reconnaissance pour celui qui me donne la force, Jésus Christ notre Seigneur, car il m’a fait confiance en me chargeant du ministère » (1 Ti 1, 12). Oui, aujourd’hui, mon cœur est plein de reconnaissance pour Jésus notre Seigneur, qui m’a fait confiance durant ces sept belles années à Louvain-la-Neuve. Et c’est vers lui que monte d’abord mon action de grâce.

 

Ma reconnaissance est d’autant plus grande que c’est aussi cette autre parole de Paul (une « parole sûre ») que je fais mienne en ce jour : « le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ; et moi le premier, je suis pécheur ».

 

Si certains croyaient encore que les prêtres étaient, de par leur état, déjà dans un état de grâce et de perfection, l’actualité récente a dû leur faire perdre toute illusion. Sans vouloir banaliser ou excuser les graves excès dont certains confrères se sont rendus coupables, il est bien vrai que Jésus, comme le long Évangile de ce dimanche l’illustre si bien, n’est pas venu appeler les justes mais les pécheurs. Et j’en suis.

 

Ainsi, nous, les prêtres, sommes les premiers destinataires de l’Évangile que nous vous annonçons. La parole de salut et de miséricorde de Jésus est aussi pour nous. De ce point de vue, nous n’avons pas de privilège mais nous partageons, avec vous, la même condition humaine et nous avons tout autant besoin, si pas plus, de conversion. Car nous sommes bien tous, dans l’Église, quelque soit notre état, les disciples d’un même berger, Jésus-Christ, qui nous porte chacun sur ses épaules quand nous sommes égarés. Oui, à la suite du Christ, nous sommes tous disciples, tous frères.

 

C’est ici que je souhaite élargir à vous tous ma reconnaissance. Car je vous suis très reconnaissant d’avoir pu vivre, tout au long de ces années, une réelle fraternité au sein de notre paroisse, sans trop de chichi mais dans une amitié réelle. En vivant cette fraternité, nous sommes bien de fidèles disciples de saint François, la patron de notre paroisse.

 

Deuxième point. Ma reconnaissance va aussi au Seigneur pour m’avoir donné d’être témoin privilégié de la miséricorde de Dieu. La miséricorde et le pardon sont au cœur de l’Évangile et, à mes yeux, de la vie du prêtre. Notre ministère est donc particulièrement fécond quand il se met au service de la miséricorde du Père. Car c’est alors que nous pouvons exercer une réelle paternité, à l’image de celle du père de la parabole des deux fils.

 

Oui, je suis plein de reconnaissance pour Dieu de m’avoir donné, à travers ce ministère de la miséricorde, de vivre une réelle paternité et fécondité spirituelle durant ces années à Louvain-la-Neuve. Cela aussi grâce à vous. A travers les relations de confiance tissées au fil du temps, l’amitié, les sacrements, vous m’avez permis de ne pas être seulement un frère pour vous mais aussi un père.

 

Troisième point. Je suis également reconnaissant au Seigneur pour la nouvelle mission qui m’est confiée. Ici, je vous dois un petit mot d’explication. Car je ne suis pas seulement nommé curé de la paroisse de la Sainte-Croix, ce qui en soi est déjà une très belle mission, mais aussi chargé d’accompagner le projet d’un « pôle jeunes » au centre de Bruxelles (une sorte de paroisse Saint-François à la sauce bruxelloise). C’est un projet qui me tient fort à cœur.

 

Je suis convaincu que cette nouvelle mission n’est pas seulement la mienne mais aussi un peu la vôtre. Sans faire du copier/coller, le nouveau projet de la paroisse Sainte-Croix aura beaucoup à recevoir de l’exemple et de la vie paroissiale à Saint-François. Je vous suis donc particulièrement reconnaissant, non seulement de m’avoir donné cette belle fraternité et appris à être père, mais aussi parce que je suis sûr que vous continuerez à soutenir le petit âne que le Seigneur est venu détacher de son étable de Louvain-la-Neuve pour qu’il le porte à la capitale.