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fête de saint François, 3 octobre 2010, messe des familles
La vie des saints est un évangile vivant. Plusieurs fois dans ma vie, dans des moments de doute, c’est la lecture de la vie d’un saint qui m’a fortifié et remis en route. Aujourd’hui encore je dis souvent à ceux qu’il m’est donné d’accompagner : tu as du mal avec ta foi, lis une vie de saint !
Dans la vie d’un saint, d’une sainte, le Saint-Esprit n’est plus abstrait, mais nous le voyons à l’œuvre, nous voyons comment il féconde le cœur qui l’accueille, comment il y met l’amour de chacun, comment il le comble de joie. Nous voyons aussi par quels passages étroits notre cœur doit passer pour être libéré de ses replis sur lui-même et pour être vraiment ouvert à l’amour. Tous les saints sont passés par des épreuves, tous ont connu d’une façon personnelle la croix du Christ dans leur vie, mais par la foi ils en ont fait le chemin d’une liberté plus grande, et leur joie autant que leur amour s’en sont trouvés multipliés.
C’est pourquoi nous sommes heureux de pouvoir fêter aujourd’hui saint François d’Assise. Il a aimé l’évangile, il l’a vécu intensément. Sa vie est comme une traduction de l’évangile. Et il a aimé l’Église, à une époque qui était difficile. Aujourd’hui le lectionnaire de la fête nous fait entendre de la part de Jésus : « je suis doux et humble de cœur », et il déclare que celui qui vient à lui — même fatigué ou accablé — trouvera près de lui un vrai repos. En préparant la messe avec la famille de Floride et Emery, nous avons réfléchi à ces paroles, et voici ce que nous nous sommes dits :
Quand Jésus dit qu’il est doux, ça veut dire qu’il est gentil, qu’il est serviable... Il a rendu un grand service à un homme qui ne voyait pas, qui était aveugle. Jésus c’est quelqu’un qui veut bien être l’ami.Et il a guéri un homme qui ne pouvait pas entendre ni parler ; il lui a dit : « ouvre-toi ! » « Humble de cœur », cela nous fait penser que Jésus est simple, qu’il écoute les autres, qu’il aime les accueillir et les aider.
La douceur de Jésus nous fait donc penser à sa bonté et aux miracles qu’il fait pour montrer que le Royaume de Dieu est présent. Et parce qu’il est humble de cœur, chacun osera aller à lui, même ceux qui sont montrés du doigt par les autres, même ceux qui se sentent condamnés par leur propre cœur.
Il ne faut pas qu’aucun homme, même un grand pécheur, ne se sente exclu de cette fraternité que nous essayons de construire dans l’Église. En même temps que nous nous laissons accueillir par le Christ doux et humble de cœur, nous devenons aussi ambassadeurs de sa douceur et de son humilité dans notre monde. Si le monde a tendance à devenir un monde de bien-pensants, c’est plus difficile, mais l’Esprit Saint nous rendra inventifs pour que tous osent aller au Christ et goûtent le repos en se convertissant et en le suivant.
Dans l’Évangile, Jésus déclare aussi que c’est lui, le Fils, qui peut nous faire connaître le Père. Heureusement qu’il est humble de cœur, sinon on le prendrait pour un vantard ou un frimeur. Que le Christ, humble de cœur, soit le seul à pouvoir nous présenter le Père, est à la fois un avantage — le chemin est ouvert pour tous — et un inconvénient — nous pouvons si facilement ignorer le Christ, le mettre de côté, le laisser parler dans le vide, lui et son Église, ou même se moquer de lui.
Alors nous pouvons terminer cette homélie en nous demandant : quels efforts pouvons-nous faire pour remarquer que Jésus est important, et pour le faire savoir à notre propre cœur ? Avez-vous une idée ?
– Quand nous essayons d’être gentil... Quand nous essayons d’écouter à la messe... Quand nous remarquons que d’autres aussi aiment Dieu... Quand nous appliquons la parole du Christ et que nous aimons notre prochain comme nous-mêmes, et quand nous prenons du temps pour aller prier.
Vous avez raison de dire : « quand nous essayons d’écouter à la messe » ; car si nous n’écoutons pas, comme Jésus est doux et humble de cœur, il ne viendra pas en disant : est-ce que tu vas m’écouter, oui ou non ? ! Et puis, prendre la parole du Christ au sérieux, la méditer dans son cœur, dans sa prière, et aimer notre prochain comme nous-mêmes, voilà ce qui aide le Christ à féconder notre vie. Il la rend belle et lumineuse, il la rend sainte. Alors nous en aiderons d’autres à mettre le Christ au centre de leur vie, nous serons contagieux de la joie de la foi. |