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Suite des moments de l'eucharistie: la communion PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Christophe Cossement   

homélie du 4ème dimanche de Carême, 6 avril 2011

On peut dire que la communion commence avec le grand amen qui conclut la prière eucharistique, un grand « oui » au Père avec Jésus, prononcé par tous. Un grand oui alors que je pourrais avoir envie de dire non, de bougonner, de me lamenter, de dire : non, je ne veux pas aimer...

La communion, ce n’est pas seulement ce qu’on fait quand on « va à la communion ». Il y a de multiples façons de communier, de nous unir au Fils :

on le fait en vivant et en priant comme lui, et en accueillant son corps. C’est important de souligner les deux dimensions : l’union du cœur et de la volonté ; l’union du corps. On n’a pas toujours aussi systématiquement pris le corps du Christ qu’aujourd’hui, et on ne devrait pas le faire. Il ne manque pas de situations où par notre décision contraire à l’évangile nous ne sommes pas en communion avec le Christ, et nous devrions d’abord lui demander son pardon avant de vouloir communier à son corps. Parfois on communie davantage au Christ en s’abstenant de prendre son corps plutôt qu’en le prenant, car on s’unit ainsi davantage à son cœur, à sa volonté, à sa Parole. Ce n’est pas une façon de se punir soi-même mais d’aimer vraiment le Christ et sa Parole.

C’est une question délicate car par tempérament il y a des personnes qui se croient toujours dignes de la communion et regardent celle-ci comme un droit absolu ; ils se trompent sûrement. D’autres sont plus réservés, se croient toujours indignes, et à eux il faut dire ce que disait le curé d’Ars à un paroissien : « Ne dites pas que vous n’en êtes pas digne. C’est vrai : vous n’en êtes pas digne, mais vous en avez besoin. »

Ainsi, communier, c’est d’abord s’unir à ce que le Christ a fait, à ce que le Christ était, c’est vouloir vivre comme fille, comme fils de Dieu, c’est vouloir donner sa vie comme lui.

Et cela ne se vit pas seulement dans un rapport individuel — moi et le Seigneur — mais avec toute l’Église, en communion avec l’effort de tous les chrétiens de témoigner de Jésus de façon vraie. Communier, c’est vouloir vivre comme fille, comme fils de Dieu, au milieu de tous ses enfants, pour former un seul corps, le Corps du Christ qu’est l’Église.

On communie donc d’abord par ce grand « amen » qui conclut la prière eucharistique, et que nous disons tous ensemble. Puis, tous ensemble, d’une seule voix, unis par l’Esprit, nous communions en disant la prière de Jésus, « comme nous l’avons appris du Sauveur, selon son commandement » — ce commandement qu’il donna à ses disciples quand il leur demanda : « quand vous priez, dites “Notre Père...” »

La liturgie continue par l’« embolisme », petite formule qui dit au Père : « par ta miséricorde, libère-nous du péché, rassure-nous devant les épreuves, en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets et l’avènement de Jésus-Christ, notre Sauveur ». J’ai plusieurs fois expérimenté la force de cette prière : « libère-nous du péché, rassure-nous devant les épreuves ». C’est une prière puissante, dite au Père en présence du Christ.

En présence du Christ nous lui adressons aussi la parole, pour la première fois. C’est pour reconnaître qu’il donne la paix, et pour nous donner sa paix mutuellement. Selon la parole de saint Paul : « Encouragez-vous, soyez d’accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous. Exprimez votre amitié en échangeant le baiser de paix. » (2Co 13,11-12). Je ne suis pas toujours en bons terme avec mon voisin à qui je donne la paix, mais ce n’est pas grave : ce n’est pas la paix à ma mesure que je lui donne, c’est la paix à la mesure du Christ, « la paix du Christ ».

Puis vient la communion au corps du Christ, et souvent au sang ; le Christ est accueilli dans un cœur qui s’est préparé à cette union, par le désir, par la confession, par la prière...

Le curé d’Ars disait : « Venez à la communion, venez à Jésus, venez vivre de lui, afin de vivre pour lui. » « La communion fait à l’âme comme un coup de soufflet à un feu qui commence à s’éteindre, mais où il y a encore beaucoup de braises ! »

La communion se prolonge ensuite par une prière silencieuse, une « action de grâce », c’est-à-dire un merci. Nous stimulons notre cœur à être reconnaissant envers le Seigneur, à s’unir à lui, à l’aimer. Et cela se termine par une prière qui réunit toutes nos prières personnelles, une prière dite par le prêtre au nom de tous.

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Mise à jour le Dimanche, 03 Avril 2011 06:43