Voici la version audio, et une partie de retranscription:
Jésus ne va pas guérir Lazare pour qu’il soit mieux. Il ne va pas le faire sortir du tombeau pour faire plaisir à Marie et à Marthe, bien qu’il les aimait beaucoup et qu’il a été bouleversé par la mort de Lazare. Si Jésus, tout d’abord, attend pour se mettre en route, laissant les choses empirer, puis ressuscite Lazare, c’est pour la foi, c’est pour que ses disciples, et Marthe et Marie, et les juifs qui les entourent , croient. D’ailleurs, notez bien, Lazare devra encore mourir, et cette fois-là Jésus ne le ressuscitera plus, car pour entrer dans la vie éternelle il faut bien quitter cette vie.
Nous-mêmes, nous avons sans cesse à passer d’une religiosité païenne à la véritable foi en Dieu, passer d’une religiosité où nous croyons en Dieu pour essayer de s’attirer ses bonnes grâces et qu’il nous donne ce que nous demandons, qu’il nous protège, etc., vers la vraie foi en Dieu, cette foi qui cherche Dieu, qui cherche à s’attacher à lui parce qu’elle a conscience que c’est lui le grand trésor, que c’est son amour qui est vraiment notre vie.
Oui, je vous le dis, le plus grand trésor, ce n’est pas la santé, ce n’est même pas la vie... le plus grand trésor, c’est la foi. D’ailleurs il suffit de regarder les martyrs pour le comprendre. Ce que je vous dis là est dur, mais il y a des centaines, des milliers, des dizaines de milliers d’hommes et de femmes qui, en acceptant de donner leur vie par fidélité au Christ, nous montrent bien que la plus grande richesse c’est la foi, plutôt même que la vie que pourtant l’Église défend avec tant d’insistance.
La foi ! Ce grand trésor parce qu’elle nous fait vivre des réalités invisibles qui sont plus réelles, plus solides et plus nourrissantes que tout ce qu’on voit, que tout ce qu’on sent, que tout ce qu’on expérimente.
Dans la lettre aux Hébreux on lit : « la foi est le moyen de posséder déjà ce qu’on espère et de connaître des réalités qu’on ne voit pas. » (He 11,1)
Vivre de foi est ce que Jésus attend de nous ; c’est pour cela qu’il a fait des miracles, pour cela qu’il est allé jusqu’à risquer sa vie et la donner. Vivre de foi, c’est si difficile dans notre monde, un monde marqué par le besoin de voir, de toucher, d’expérimenter, un monde où tout ce qui dépasse l’expérience immédiate entre dans le domaine du fabuleux, de l’imaginaire, de l’évasion. Ce n’est pas qu’on ne cherche pas à s’évader dans notre monde — les grands voyages, les soirées qui n’en finissent pas, l’alcool ou les drogues dures ou douces, toutes mauvaises, sont autant de moyens d’évasion — mais quand il s’agit de se rendre compte qu’il y a des réalités plus importantes que celles qu’on voit, ces réalités dont nous parle la foi, alors là il n’y a presque plus personne. Mais heureusement il y a vous, et j’en bénis le Seigneur...