Confirmations : homélie et photos

Mis à jour : oct. 26

Homélie confirmations LLN 2020, 29ème dimanche A

Chers confirmands,


Enfin nous y sommes ! Après le report des confirmations suite au Covid-19, ce virus qui ne veut même pas nous lâcher, le jour de votre confirmation est arrivé. Malgré le temps d’incertitude, vous avez pu approfondir de plus belle la beauté et la grandeur de ce sacrement, la beauté du don de Dieu pour vous. Lors de votre baptême, les parents se sont engagés à vous éduquer dans la foi, et on le sent dans vos lettres où vous évoquez la foi vécue en famille. Rendons grâce à Dieu car cette foi porte les marques de la gratuité du don de Dieu, son souffle Saint. Aujourd’hui le Seigneur vous donne son Esprit qui sera toujours en vous une force, une lumière, un guide dans les grandes décisions, dans les moments de joie comme dans les moments délicats de votre vie.

Un comédien croyant, Michael Lonsdale qui avait joué le rôle du frère Luc dans le film « Des hommes et des dieux », a donné un beau témoignage, pour dire comment il pouvait vivre sa foi malgré les difficultés dus à son métier du showbiz. Il dit : « Je suis né un jour de Pentecôte . Alors quand on parle d’Esprit Saint, je suis éveillé ». Votre pentecôte à vous, c’est aujourd’hui, le jour de votre confirmation. Alors ,vous sentez-vous éveillés ?

Votre « oui » confirme ce que quelqu’un m’a écrit : « Je veux vraiment recevoir l’Esprit-Saint , m’appuyer sur Jésus ». Alors laissez-vous conduire par l’Esprit dans la vérité d’une vie qui ne déçoit pas Jésus. Une vie qui ne déçoit pas dis-je ? Est-ce possible ? C’est la vie où l’on sait « rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu »!


Là ça se corse un peu, car les pièges de la vie sont multiples. En effet, Jésus était devant un piège tendu par ses détracteurs quand il a sorti cette réplique qui est devenu comme un proverbe : Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ! En gros, Jésus demande de séparer tout ce qui est temporel de tout ce qui est spirituel, sans toutefois les opposer. On peut être tenté de dénigrer le rôle de César qui consiste à organiser la cité, en se réfugiant dans la foi. De l’autre côté on peut donner trop de pouvoir à César-quand ce n’est pas lui qui le prend, le laissant régner sur nous et en nous comme s’il était Dieu. Oui, on peut avoir des responsabilités politiques, sociales, religieuses, mais laisser Dieu régner : « Je suis le Seigneur, il n’y en a pas d’autre » (1ère lecture).

César lui-même devrait rendre des comptes à Dieu, Maître de toutes choses. Nous savons les dégâts que la confusion entre le temporel et le spirituel peut occasionner dans les pays et les communautés du monde. Mais attention, dans tout cela, éviter que les chrétiens, l’Eglise ne se désengagent du terrain politique, sociale, culturelle, économique, et écologique, ou de la vie des hommes tout simplement. Car c’est sur le terrain concret du temporel que s’incarne le spirituel. Ne pas cacher la musique de l’évangile du Christ ( Pape François dans la nouvelle encyclique Fratelli Tutti). Lutter pour que Dieu retrouve son image dans tout homme, toute femme par une foi et une charité actives. C’est ce que vous dites dans ce témoignage : « J’étais content quand nous avons parcouru les rues pour donner les biscuits aux gens ». Vous savez, la charité est « une étreinte » que Dieu fait à toute personne visitée, une étreinte qui fait du bien surtout en ces temps durs où elle se fait rare suite au covid-19 !


Rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, les saints nous en donnent l’exemple. Nous le découvrions lors de la caté des Saints quand j’exerçais mon ministère sacerdotal ici dans cette belle paroisse (j’étais avec le père Christophe et le père Sébastien ici présents, et je venais de la paroisse de Genval, paroisse d’origine du père Damien. Que de connexions… ) ! Voici ce que nous partage Saint Ignace de Loyola dans sa prière d’offrande: « Prenez Seigneur et recevez toute ma liberté, ma mémoire mon intelligence et toute ma volonté, tout ce que j’ai et possède. Vous me l’avez donné, à vous Seigneur je le rends. Donnez- moi votre amour et votre grâce, c’est assez pour moi ». Faire bénir tout ce que l’on a et tout ce que l’on est, n’est-ce pas une voix qui nous fait produire des fruits de l’Esprit ?

Plus près de nous, le jeune Carlo Acutis mort à 15 ans en 2006 vient d’être béatifié le 10 octobre dernier. Il montrait combien il était attaché à Dieu 24h sur 24h, laissant Dieu règne sur lui dans son quotidien. Carlo a vu que beaucoup de jeunes voulant être différents, finissent vraiment par être comme tout le monde, courant après tout ce que les puissants mettent devant eux avec les mécanismes du consumérisme et de la distraction. Et il utilisait internet, tout en reconnaissant ses limites, pour répandre la bonne nouvelle de l’Evangile, pour faire du bien, venir en aide aux nécessiteux.


Tous ces témoins, connus et inconnus y arrivent parce qu’ils ont écouté ou écoutent toujours en eux le murmure de l’Esprit. Et ils nous aident sur notre chemin. On n’est jamais seul sur le chemin de la foi, on la vit en Eglise. Ne pas « la jouer » en solo ! Nous la vivons au sein de l’Eglise qui célèbre aujourd’hui la journée missionnaire mondiale dont le thème est : « Me voici envoie-moi ». Car on a une Bonne Nouvelle à vivre et annoncer. Comment garder caché ce que nous avons reçu de beau et de grand ?

Chers confirmands, par votre confirmation, vous êtes déjà un beau message d’avenir adressé à l’humanité, à l’Eglise. Parlant d’annoncer la Bonne Nouvelle, cette semaine, on a attribué les prix Nobel dans différents domaines et il fallait l’annoncer aux lauréats. Figurez-vous qu’un des deux prix Nobel d’économie, l’Américain Paul Milgrom ,n’était pas du tout joignable. Alors Son voisin, lui-même prix Nobel est venu avec son épouse pour le réveiller à 2h du matin. Il frappe à la porte et lui dit : « Tu as gagné »! Il a sans doute profité du fait qu’il n’y avait pas de couvre-feu. Et je me dis même que s’il y avait eu couvre-feu, il aurait trouvé comment montrer que c’était un déplacement essentiel).Paul, se croyant entre rêve et réalité s’est écrié: Waouh !


En matière de foi ça pourrait être la même chose. Beaucoup de choses rendent injoignables nos amis, nos contemporains, pendant qu’ils ont besoin d’entendre la bonne nouvelle qu’ils sont aimés de Dieu, qu’ils sont précieux à ses yeux, qu’ils ont gagné son coeur,...

Vous-mêmes êtes précieux, uniques. Et vous avez déjà dit waouh quand les parents, les parrains-marraines, les prêtres , les catéchistes vous l’ont appris par leur enseignement et leur témoignage de vie. Ce waouh vous le dites aujourd’hui par votre confirmation. Va-t-il rester sans écho ? Je dirais tout de suite que non puisque l’un d’entre vous a écrit : « Je comprends que les chrétiens ont besoin de moi ». Oui, proclamez dans vos mots à vous que Dieu est l’avenir de l’homme et que lui seul peut combler tout le désir que nous portons.

Si un jour vous êtes tentés de dire que vous êtes encore petits, voici pour terminer la légende du colibri: Un jour il y avait un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou agacé par cette « agitation dérisoire »du colibri lui dit : Colibri, tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes que tu vas éteindre le feu ! Et le colibri lui répond : « Je sais, mais je fais ma part » !

Voilà, vous allez être confirmés. Après, ne dites pas « j’ai été confirmé.e ». Dites « je suis confirmé.e ! De fait, nous sommes appelés à écrire l’évangile, non pas au passé, mais au présent avec l’encre de nos vies. Prions les uns pour les autres afin de faire chacune et chacun sa part. Laissons-nous inspirer par l’Esprit Saint. Il est toujours joignable, toujours connecté. Il est d’une accessibilité immédiate. On se fait tout petit, on lui demande, il vient.

Alors grâce à lui, se risquer dans une aventure sans rivage, avec Dieu, entouré des gens qui sont en Dieu, au vent de liberté, faisant confiance à l’avenir. Car l’homme n’est jamais si grand que lorsqu’il fait confiance…

Bonne route !

Salvator Ntibandetse,

Doyen d’Ottignies

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