Vous êtes venus vers Dieu | Père Dominique Janthial | 22E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE | 1/09/2019

Mis à jour : mars 14




Nous voici en ce premier dimanche de septembre, au seuil d’une nouvelle année académique et pastorale. Et même si cela ne coïncide pas avec le début de l’année civile, pour la plupart d’entre nous cela marque un nouveau départ, un commencement. Et voici qu’aujourd’hui, vous êtes venus dans cette église, c’est-à-dire, comme le dit Saint Paul dans la deuxième lecture, « vous êtes venus vers Dieu, le juge de tous les hommes… vous êtes venus vers Jésus, le médiateur d’une alliance nouvelle ». Or ce Jésus vers qui nous sommes venus, dans l’espoir sans doute qu’il nous communique quelque sage directive pour l’année, se contente apparemment de nous donner une leçon de savoir vivre sur la manière de se conduire en société : « Quand tu es invité à des noces, ne va pas te mettre à la première place… ».


Mais le propos de Jésus est-il vraiment de nous enseigner les convenances ?

« Quand tu es invité à des noces… » : Dans toute l’Ecriture, les noces symbolisent le but de l’existence humaine, la rencontre avec Dieu. D’ailleurs Jésus, dans la deuxième histoire de ce même évangile, évoque cet objectif ultime : « la résurrection des justes ». Nous sommes invités à des noces, tous. Et celui qui nous invite nous veut à la meilleure place, auprès de lui. Le problème se pose quand nous oublions qui nous a invité, lorsque nous oublions que l’objectif de notre existence est cette rencontre avec Dieu et que Dieu a la capacité (parce qu’il est Dieu n’est-ce pas) de se donner entièrement et totalement à chacun. Moi j’évite toujours les dîners de mariage parce qu’on passe une moitié de la soirée à discuter avec notre voisine de droite, puis si notre cou n’est pas totalement bloqué on se tourne vers la voisine de gauche pour l’autre moitié de la soirée. Mais Dieu ne sera pas à moitié, mais entièrement ! Tout un Dieu pour chacun d’entre nous.


Nous sommes invités à des noces, tous. Et celui qui nous invite nous veut à la meilleure place, auprès de lui

Le problème, lorsque nous oublions cela, c’est que nous nous mettons à rechercher désespérément à nous placer, à nous « pousser », comme on dit, dans l’existence. Certes cela correspond à un bon mouvement, à une invitation que Dieu lui-même a mis dans notre cœur d’occuper cette première place pour être avec lui en tête-à-tête, mais lorsqu’on perd de vue l’objectif cela devient franchement pathétique. Car cette place que Dieu seul peut nous donner – il ne faut pas avoir fait beaucoup de théologie pour comprendre que pour aller s’asseoir à côté de Dieu, il vaut mieux que ce soit lui qui s’occupe de venir nous chercher – nous essayons de l’obtenir par tout un tas de gesticulations grotesques: on multiplie les titres, les grosses voitures, les performances, on « fait de son stouf », comme on dit à Bruxelles et finalement on n’arrête pas d’être de mauvaise humeur parce que c’est vrai qu’on a droit à la première place mais, curieusement, tout le monde s’ingénie à nous la ravir.Du coup, comme nous n’arrivons pas à avoir cette première place, nous sommes inquiets : se pourrait-il que cette invitation qui résonne en mon cœur ne soit qu’une illusion ? La soif de se rassurer peut aller très loin: elle nous fait parfois dédaigner nos vrais amis ou ceux qui ont vraiment besoin de nous pour rechercher la compagnie de ceux qui paraissent bien placés… Comme s’il y avait un rapport entre le fait d’avoir une place ici-bas et la place que fondamentalement notre cœur désire: celle qui se trouve juste à côté de Dieu, aux noces de l’Agneau.

« Mon fils », nous dit le Sage, « accomplis toute chose dans l’humilité ».

En voilà un bon conseil pour ce début d’année ! Et c’est la deuxième fois que j’en parle en quinze jours mais ce n’est pas ma faute : les textes sont incontournables. Encore une fois, il faut bien s’entendre sur la signification de ce mot. Il ne s’agit ni de vouloir systématiquement occuper la première place en actes ou en paroles, ni au contraire de se dénigrer et de faire un complexe d’infériorité vis-à-vis de ceux qui, croyons-nous, sont mieux placés que nous. Il s’agit de remettre devant les yeux de notre cœur, l’unique chose auquel notre cœur aspire vraiment: occuper cette place que Dieu nous a réservé dans le Ciel. Alors notre existence se réoriente, moins de gesticulations plus ou moins grotesques ou de dépenses somptuaires: l’amitié reprend sa place car nous savons qu’elle est un avant-goût des biens futurs. Et puis nous arrivons à trouver du temps pour « les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles": Ceux qui ne sont pas forcément très bien placés ici-bas mais qui seront avec nous à la table au grand festin… « Vous êtes venus vers Dieu »… Certes il n’y a pas ici « comme au Sinaï feu qui brûle, obscurité inquiétante, ténèbres, ouragan, son de trompettes, ou paroles prononcées par cette voix que les fils d’Israël demandèrent à ne plus entendre », tout cela devait effectivement susciter l’humilité mais en écrasant un peu tout de même. Ici il y a l’Agneau qui s’offre pour le banquet des noces et qui de dimanche en dimanche, à chaque eucharistie dominicale où nous venons pour le rencontrer, remet l’amour au milieu de notre village intérieur. Bienheureux êtes-vous d’être venus aujourd’hui !

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