Fête de Saint-François | Père Dominique Janthial | 27E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE | 6/10/2019

Mis à jour : mars 1




Il n’y a pas si longtemps lorsqu’on achetait un nouveau joujou électronique on recevait aussi une notice d’utilisation : on la mettait précieusement dans un tiroir et le plus souvent on ne l’ouvrait jamais. Je ne suis pas nostalgique de ces modes d’emploi papier qui finissaient par être passablement volumineux d’autant qu’on nous les servait en un grand nombre de langues dont le finnois et le coréen - ce dont franchement je n’ai jamais vu l’utilité. Maintenant il est possible de télécharger ces notices sur Internet. On ne le fait pas davantage mais au moins ça n’encombre pas les tiroirs. Cela dit, il faut tout de même avouer que ce désintérêt pour la lecture des modes d’emploi a pour résultat que nous ne découvrons certaines fonctionnalités de nos appareils que de manière fortuite lorsque d’autres autour de nous les utilisent mieux que nous.


Nous apprenons que nous sommes dotés de super pouvoirs

Alors aujourd’hui au hasard d’une conversation de Jésus avec ses disciples nous apprenons que nous sommes dotés de super pouvoirs : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : ‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’, et il vous aurait obéi ». Du lourd ! En plus la foi, nous l’avons ! Du moins on est censé l’avoir puisqu’à notre baptême, on nous a tous équipés avec l’appareil des vertus théologales qui inclut la foi, l’espérance et la charité. Alors approchons-nous un peu pour écouter la deuxième histoire que Jésus raconte aux disciples qui viennent de lui demander : « Augmente en nous la foi ! »


Cette courte histoire risque de nous surprendre et même peut-être, de prime abord, nous décevoir : Ce maître qui voit son serviteur rentrer du labour ou du pastour et, au lieu de le prier à table, lui demande encore de le servir. Si c’est cela vivre la foi alors non merci ! Certes nous nous attendrions peut-être à ce type de comportement de la part d’un maître terrestre car ils sont souvent injustes, mais nous voudrions que Dieu au moins se comporte autrement. En fait, ce que Jésus veut nous faire comprendre c’est que le domaine de la foi se situe au-delà de celui du devoir accompli. Les super pouvoirs qui lui sont associés ne s’activent pas si l’on se contente de faire ce qu’on doit. On pense souvent qu’être chrétien c’est faire ceci et éviter cela. En fait la vraie foi commence lorsque nous acceptons de nous aventurer au-delà de cette logique. La foi est surnaturelle.


A un autre endroit, à propos de la charité surnaturelle, Jésus fait remarquer ceci : « si vous aimez ceux qui vous aime, quelle reconnaissance cela vous vaudra-t-il ? » Rien de surnaturel à cela ! Jésus veut donc attirer l’attention de ses apôtres sur le fait que la foi consiste à dépasser ce qui est raisonnable humainement, ce qui est de bon ton. La foi demande un basculement. Certaines situations de nos vies nous invitent à basculer dans le domaine de la foi surnaturelle. Quand on pense que tout va bien, qu’on a fait tout ce qu’on avait à faire, notre devoir quoi ! et que tout tourne rondement… c’est à ce moment-là que quelqu’un tombe malade, que quelqu’un meurt ou que quelqu’un de notre famille a des problèmes avec un enfant, un parent etc.… Et nous ne comprenons pas : « Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu ? » Nous ressentons une injustice comme sans doute ce serviteur qui rentre des champs lorsque son maître lui demande de le servir encore à table. Or c’est le moment où nous sommes invités à entrer dans le domaine de la foi et la faire grandir en nous. C’est une chance à saisir. On peut aussi ne pas la saisir et tenter de surmonter l’épreuve vaille que vaille en grommelant. Ou bien on peut prendre la route surnaturelle, celle de la foi qui accomplit des merveilles. C’est la route tracée par Saint François et merveilleusement décrite par Eloi Leclerc dans ce livre qu’il faut avoir lu et souvent relire : « Sagesse d’un pauvre ».


Nous comprenons mieux maintenant la parabole du serviteur : la réaction du maître à son retour est en fait une invitation à approfondir sa relation inconditionnelle à ce maître, car c’est cela la foi. « Augmente en nous la foi » demandaient les Apôtres à Jésus. En leur répondant, Jésus les invite à changer de type de service pour le suivre lui qui monte vers Jérusalem. Jésus lui-même à l’image du serviteur de la parabole va passer de sa mission publique – qu’il aime à comparer au travail du semeur ou du berger – au service de la table – celle de la Cène qui préfigure la Passion. En définitive, dans la parabole le serviteur qui revient des champs c’est donc Jésus lui-même. Aujourd’hui après avoir semé la parole dans nos cœurs il va nous servir à la table eucharistique; lorsque nous devrons nous engager à notre tour sur le chemin de la foi, levons les yeux pour le voir qui nous ouvre la route.

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