top of page

Homélie pour la fête de la Toussaint | 1/11/2023 | Abbé Jérémie Kalumire


Comme son nom l'indique, la Toussaint est la fête de tous les saints, qu'ils soient connus ou inconnus. Mais qui est Saint et qui est-ce qu’un Saint ? Et pourquoi fête-t-on la Toussaint ?


En effet, « Nul n'est saint comme l'Éternel » (1 Samuel 2,2). Dieu seul est saint. Le sanctus de l’acclamation liturgique proclame la triple sainteté de Dieu : «Saint, saint, saint le Seigneur, Dieu de l’univers. Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire!» (Isaïe 6, 3, Apocalypse 4, 8). La sainteté de Dieu est plus que l’absence du péché, même si c’est vrai que Dieu est sans péché. Mais. Le mot Saint, kadosh (en hébreu), agios (en grec), sanctus (en latin), dérive de la racine «mettre à part». Dire que Dieu est saint signifie qu’Il est à part, Différent, Tout Autre. La magnificence des œuvres de Dieu et sa relation avec la création expriment sa sainteté. Le ciel et la terre sont remplis de sa gloire. La sainteté de Dieu n’est pas pour autant inaccessible. Dieu appelle les hommes pour les faire participer à sa vie divine, à une vie d’amour, de tendresse, de miséricorde ; pour les transformer en les mettant à part.


Dans l’Ancien Testament Dieu a appelé le peuple élu à devenir un peuple mis à part, un peuple des saints : « Parle à toute l'assemblée des enfants d'Israël, et tu leur diras: Soyez saints, car je suis saint, moi, l'Éternel, votre Dieu » (Lévitique 19,2). Cet appel de Dieu à l’homme est devenu universel dans la Nouvelle Alliance. Dans l’évangile des béatitudes, Jésus proclame Heureux et bienheureux tous ceux qui ont répondu à l’appel de Dieu à devenir différents du monde, c’est-à-dire pauvres de cœur, doux, justes, miséricordieux, purs, artisans de paix, défenseurs de justice et de la vérité, etc. A ces derniers, Jésus promet une récompense : « Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! » (Mathieu 5,12). Et parmi les premiers disciples de Jésus, il y a Jean qui est heureux de témoigner que les disciples sont enfants de Dieu, héritiers de la vie éternelle, car dit-il : « nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est » (1 Jean 3,2).


Aujourd'hui, l'Eglise compte un peu plus de 8000 saints connus. Pour être reconnue comme sainte, une personne doit remplir plusieurs conditions. Elle doit être décédée, avoir mené une vie chrétienne exemplaire, digne d'un culte public et universel, et avoir accompli au moins deux miracles. Cependant, si un certain nombre d’entre eux ont été officiellement reconnus, l’Eglise sait bien que beaucoup d’autres ont également vécu dans la fidélité à l’Evangile et au service de tous. C’est bien pourquoi, en ce jour de la Toussaint, les chrétiens célèbrent tous les saints, connus ou inconnus, les saints du paradis.


L’Apocalypse parle d’« une foule immense, de toutes nations, tribus, peuples et langues » (Apocalypse 7,9), et donc une foule universelle. Ainsi, nous sommes tous unis dans une communauté de destin sur cette terre, nous sommes tous sur le même bateau, comme dit le pape François. Européens ou Africains, Asiatiques ou Américains, pauvres ou riches, rois ou esclaves, hommes ou femmes, tous nous sommes appelés à constituer la communion des Saints au paradis en construisant déjà ici sur terre la fraternité et à la solidarité universelle.



Somme toute, la fête de la Toussaint nous rapproche de Dieu et de son Paradis. En fixant les yeux sur tous les saints du Ciel, nous reprenons conscience de ce qu’est vraiment la vie chrétienne. Au lieu d’évoquer la tristesse après la vie terrestre, la Toussaint parle de ceux qui sont heureux; et au lieu de faire voir des individus, elle nous montre des foules immenses. La diversité des parcours de saints nous montre que nous sommes tous appelés à le devenir mais aussi que nous avons chacun notre place dans l'Eglise.


Demandons la grâce de devenir des “saints”, c’est-à-dire non pas des personnes parfaites, mais des personnes qui accueillent la vie de Dieu et qui cherchent à s’ajuster à sa volonté. Ces paroles de Sainte Thérèse de Lisieux peuvent inspirer chacun de nous : « L'ascenseur qui doit m'élever au ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela, je n'ai pas besoin de grandir, au contraire, il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus. »

Que cette fête de “tous les saints” vienne accomplir en nous les promesses de notre baptême. Car, « Il n’y a qu’une seule tristesse sur cette terre, c’est de ne pas être un saint, » écrivait Léon Bloy !


Bonne fête de Toussaint à toutes et à tous !

20 vues0 commentaire
bottom of page