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Homélie pour le 1er dimanche de carême | 18/02/2024 | P. Damien Desquesnes



« Dans le désert, Jésus resta quarante jours, tenté par satan. »


Frères et sœurs, le carême qui a commencé mercredi dernier s’inspire de ces quarante jours que Jésus a passé au désert. C’est pourquoi, à chaque premier dimanche de ce temps liturgique, nous entendons ce récit.

La version que donne saint Marc est la plus brève : deux versets à peine. L’évangéliste ne détaille pas les tentations ; il ne dit même pas que le Christ ait jeûné…

Même si la mention de cet épisode de la vie de notre Seigneur est courte, celui-ci n’en reste pas moins étonnante. En effet, qui a pu être témoin et dire ce qui s’est passé au désert puisque le Seigneur était seul ? Qui l’a vu jouer avec les scorpions, les serpents et autres hyènes ? Qui a pu être ébloui pour la cour des anges qui se sont mis à son service ?


L’Écriture est, de fait, pleine de mystères… Elle nous parle d’événements réels — retentissants —, mais qui sont quelquefois accomplis dans le silence de Dieu (S. Ignace d’Antioche, Aux Éphésiens XIX,1).

Je pense par exemple à la création du monde. Elle est une œuvre par laquelle Dieu fait l’homme, mais à laquelle l’homme n’a pu assister.

Je pense encore à la résurrection. On sait quand et comment le Seigneur a été mis au tombeau. On sait que le matin de Pâques, ce tombeau a été trouvé ouvert et vide. Mais ce qui s’est passé entretemps nous échappe. Il n’y a pas eu de témoin.


Ces deux moments — création et résurrection — sont d’une importance majeure. Le premier inaugure l’histoire ; le deuxième inaugure le Règne de Dieu dans l’histoire. Tous deux sont le fait de la Puissance de Dieu.


Le séjour du Christ au désert est de cet ordre : l’Esprit l’y pousse pour y être tenté… La voilà la Puissance de Dieu ! C’est l’Esprit !

En Jésus, elle tient tête à l’Ennemi ; elle remet le monde à l’endroit ; le chaos de hurlements sauvages est pacifié ; la désolation du désert est transformée en Paradis.

Et ce séjour n’est qu’un début, le signe avant-coureur d’une victoire totale. La Puissance de Dieu qui agit en Jésus ne fait que commencer à ébranler l’empire de satan. Bientôt, au moment d’entrer dans sa passion, Jésus déclare que le Prince de ce monde va être jeté dehors.


Si notre carême s’inspire du séjour du Christ au désert, alors il est aussi un temps où l’Esprit agit puissamment. C’est sur cette puissance que nous avons à nous appuyer.

Par elle, notre repentir, notre pénitence, nos actes de bonté, notre prière portent leur fruit de justice… si du moins nous ne les pratiquons pas pour être vus des hommes. Il n’est pas nécessaire que toute cette pénitence du carême soit vue des hommes, car il suffit que le Père voie dans le secret l’intention qui la porte : le secret, ce que seul le regard de Dieu peut scruter et dont l’homme ne peut être témoin.

Avançons donc vers Pâques avec confiance. Le Christ ne veut qu’une chose : nous sauver, nous transformer ! Et tant mieux si nos forces semblent trop faibles à nos propres yeux, si le hurlement des bêtes sauvages nous effraie, si la vertu semble impossible. Cette pauvreté de moyen nous aidera à réaliser ce que saint Paul proclame : « Je peux tout en celui qui me donne la force » (Ph 4,13).

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