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Homélie pour le 28E dimanche Temps ordinaire année A | 15/10/2023 | P. Damien Desquesnes

Dernière mise à jour : 3 févr.


Homélie pour le 28ème dimanche du Temps ordinaire 15 octobre 2023 — année A Si vous avez quelques souvenirs de l’Évangile de dimanche dernier, vous pouvez sans doute être frappés par les nombreuses similitudes avec le passage que vous venez d’entendre. Celles-ci nous aideront plus facilement à saisir le sens des images et symboles de la parabole.


Le roi, c’est Dieu ; le fils, c’est le Christ, le Messie ; les noces, l’alliance avec l’humanité sauvée ; les serviteurs envoyés à plusieurs reprises, ce sont les différentes générations de prophètes qui, nous le rappelle le Seigneur, ont tous été persécutés à cause de la Parole de Dieu. Les premiers invités sont les ancêtres spirituels de ceux à qui Jésus s’adresse aujourd’hui ; l’incendie évoque la destruction de Jérusalem en l’an 70. Enfin, ceux que l’on ramasse au bord des chemins, ce sont les pécheurs et les païens.


Si on en reste là, nous avons, dans cette parabole, le jugement de Jésus sur son époque. Il est le Fils de Dieu ; les prophètes ont préparé sa venue et, comme eux, il sera persécuté, mis à mort par les descendants de ceux qui ont tué les prophètes. Mais sa mort sera la fin du privilège d’Israël. Désormais, les promesses de Dieu sont ouvertes à tous les hommes.


Cependant, il y a une image qui reste sans explication : le vêtement de noce. Quel est-il ? Comment, à ce sujet, ne pas penser à cette robe dont on habille prestement le fils prodigue au retour de ses aventures ? Là aussi ce vêtement est pour la fête. Non pas celle des noces, mais celle du pardon et des retrouvailles. Tant la robe que le vêtement de noce, on les reçoit. On ne les achète pas. Car c’est une habitude de Dieu de donner un vêtement. Sa création, ne l’a-t-il pas revêtue de splendeur ?


En vous disant cela, je vous invite à poser un regard de foi sur vous-mêmes et à considérer le vêtement que vous portez. Non pas celui constitué de fibres naturelles ou synthétiques, mais ce vêtement reçu au baptême : « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ » (Ga 3,27). Juste après, saint Paul rappelle qu’au-delà de toutes nos différences, ce vêtement nous confère un même dignité, une nouvelle identité.


À vrai dire, ce n’est pas le premier vêtement que Dieu ait donné aux hommes. Il y a ces fameuses tuniques de peau (Gn 3,21) qu’Il confectionna pour Adam et Ève avant de les chasser du Paradis. Un vêtement de bêtes mortes ; un vêtement qui symbolise cette animalité qui colle à notre chair ; vêtement tissé des convoitises, des instincts et des passions de toutes sortes. Tout cela est à la base du comportement si peu équilibré de l’homme, si peu maîtrisé par la raison. Enfin, un vêtement qui prophétise la mort du corps et qui signifie déjà la mort spirituelle de l’homme. De ces guenilles, de ce vieux vêtement, de ce vieil homme, celui qui s’approche de la piscine baptismale s’en débarrasse avant d’y plonger et de recevoir un nouveau vêtement : le Christ luimême. Ainsi devient-il un homme nouveau, une nouvelle création (voir Col 3,9b-10).


De ces méditations, retenons tout d’abord ceci : personne ne nous ôtera le vêtement d’immortalité reçu au baptême. Il est à nous pour toujours ! Avec lui, les ténèbres et les grincements de dents ne sont plus possibles. Il est le signe de la victoire totale du Christ sur le pêche et sur la mort. Il s’agit de s’habituer à ce nouveau vêtement. Revêtu du Christ, il faut encore éliminer l’odeur des tuniques de peau. Je veux dire qu’il faut aussi se revêtir des vertus qui sont celles du Christ : compassion, bienveillance, humilité, douceur et patience (Col 3,12). Comme le dit saint Ignace d’Antioche, il ne suffit pas seulement de porter le nom de chrétien, il faut l’être vraiment (Aux Magnésiens IV) !


Ainsi, frères et sœurs, nous nous sommes promenés à travers l’Écriture — l’Évangile, les lettres de Paul et même la Genèse — à la recherche du sens du vêtement de noce. Et nous avons trouvé le Christ. Sans doute l’écoute de la Parole de Dieu ne semble pas toujours nous rejoindre de façon évidente, mais aujourd’hui elle nous amène à considérer l’eucharistie et son mystère comme une préparation aux noces du Christ avec l’humanité : celles que nous fêterons lorsqu’il paraîtra revêtu de sa gloire.

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