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PAROISSE
SAINT  
FRANÇOIS
Louvain-la-Neuve

Homélie pour le 2E Dimache de Pâques | 12/04/2026 | P. Damien Desquesnes


Dimanche dernier, nous avons fêté dans la joie la résurrection du Seigneur. Et tout le temps pascal nous verra occupés par la célébration de ce mystère.

Je vous propose de voir à présent les conséquences de cette résurrection, car le Christ ne ressuscite pas pour lui tout seul…

Nous pouvons dire ceci : si le Christ est ressuscité des morts, alors la communauté qu’il a rassemblée autour de lui pendant son ministère ne s’est pas dissoute. Au contraire, elle continue. Comme auparavant, elle poursuit sa vie en ayant toujours le Christ en son centre… le Christ ressuscité ! Pour cette raison, la communauté des disciples, qui est le germe de l’Église, ne passera jamais. Comme le dit Jésus dans l’Évangile selon saint Matthieu, « la puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle » (Mt). Pour cette raison encore, l’Église est une institution qui restera toujours incomprise par le monde. Sa vie, ses mœurs, son caractère liturgique dépendent de la Présence du Ressuscité en son sein.

Permettez-moi d’insister… Si le Ressuscité n’était pas venu vers les siens pour se tenir au milieu d’eux — comme nous l’avons entendu dans l’Évangile d’aujourd’hui, rien de ce que Jésus a fondé avant sa mort sur la croix n’aurait traversé l’épreuve. C’est bien simple, on n’en aurait jamais parlé ! La première conséquence de la résurrection, c’est la permanence de l’Église et sa solidité à toute épreuve.

Mais allons un peu plus loin et posons-nous ces deux questions. Comment Jésus est-il toujours au centre de la vie de l’Église ? Et qu’est-ce que Jésus a institué et qui est encore présent dans la vie de l’Église ?


Tout d’abord, le passage d’Évangile que nous venons d’entendre témoigne que le Ressuscité se rend corporellement présent au milieu de ses disciples : « alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint et il était là au milieu d’eux. » Précisons qu’il se rend présent deux fois : le soir du premier jour de la semaine et huit jours plus tard, c’est-à-dire le premier jour de la semaine suivante. De huitième jour en huitième jour, chaque fois le premier jour de la semaine. Nous avons là l’origine de notre rassemblement dominical. Pour le dire franchement : nous ne célébrons pas la messe aujourd’hui parce que le dimanche est un jour de congé, mais nous nous rassemblons, parce que le dimanche est le rendez-vous que nous fixe le Ressuscité ; il est le « Jour que fit le Seigneur, Jour de fête et de joie ».

Ce rendez-vous est le prolongement des apparitions du Ressuscité aux siens ; il est la marque de la fidélité du Seigneur dans nos vies. Il est aussi un rendez-vous qui sollicite et appelle notre fidélité. Si aujourd’hui, nous ne voyons plus le Ressuscité comme l’ont vu les disciples, si nous ne le touchons plus comme a pu le faire Thomas, il reste que le Ressuscité est toujours présent corporellement. Et cela, par le sacrement de l’Eucharistie.


Quelles institutions ont traversé l’épreuve de la passion et qui subsistent encore aujourd’hui ? Le passage des Actes des Apôtres que nous avons entendu nous éclaire sur ce point.

Il y a tout d’abord l’eucharistie — nous venons d’en parler — ; c’est la « fraction du pain » qu’évoque saint Luc. Jésus l’a fondée lors de la Cène. Et nous retrouvons cette fraction du pain au soir de Pâques. Elle fut le moyen pour les deux disciples d’Emmaüs de reconnaître le Ressuscité.

La deuxième institution, c’est le collège des Douze, celui des Apôtres que Jésus avait choisis pour être avec lui et pour les envoyer prêcher (Mc). Rappelons-nous que le premier souci de la communauté chrétienne a été, entre Ascension et Pentecôte, de pourvoir la place laisse vacante par la défection de Judas. Il fallait douze témoins du Ressuscité, car la permanence du collège des Douze était le gage que l’Église qui allait se déployer dans l’Univers serait bien celle dont le Christ restait le Seigneur.

Il y a encore un autre élément qui a traversé l’épreuve de la Passion et que le Seigneur a fondé. Contrairement au collège des Douze et à l’Eucharistie, il ne ressemble pas tellement à l’idée que nous nous faisons d’une institution. Je veux parler de la « communion fraternelle », l’AGAPÈ, l’amour de charité.

Cette communion fraternelle, Jésus a voulu la vivre avec ses disciples pendant son ministère. Il les a éduqués en ce sens. Il en a fait d’ailleurs l’objet d’un commandement : « Aimez-vous les uns les autres, comme JE vous ai aimés. » Elle est aussi ce que toute l’Église se doit de vivre au cours des âges et jusqu’à la fin du monde. L’envoi de l’Esprit par le Ressuscité a comme but principal d’offrir à tout croyant le don, le charisme de la charité en vue de la communion fraternelle : « l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné » (Rm 5,5).


Terminons. Le pape François, en évoquant la synodalité, a souhaité que l’on soit davantage attentifs aux dons particuliers que l’Esprit fait à certains membres de l’Église pour la vie de celle-ci et pour sa croissance. Les premières communautés — comme à Corinthe — y étaient très soucieuses. Mais devant ce foisonnement de charismes personnels, Paul pointait ce « don plus excellent » : l’amour. Il est de fait le meilleur et nous l’avons tous reçu par le baptême et la confirmation. Faisons honneur au Saint-Esprit en le cultivant et en ne le laissant pas dormir.

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