Homélie pour le 5E dimanche de Pâques 3/05/2026 | P. Damien Desquesnes
- Xavier Joachim
- 3 mai
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Le passage d’Évangile d’aujourd’hui se situe entre la Cène et la Passion. Dans une heure, le Seigneur sera arrêté ; le temps où il a enseigné ses disciples se termine. C’est donc le moment des dernières instructions. La formation des Apôtres a, en fait, été brève : deux ans tout au plus. Et cette formation ne se clôture par aucun examen ; il n’y aura pas de diplôme pour les apôtres.
Et heureusement ! En effet, quand nous parcourons l’Évangile, nous sommes frappés par l’incompréhension récurrente des disciples à l’égard des paroles du Maître : une incompréhension presque invincible…
Nous en avons quelques exemples aujourd’hui. Thomas avoue en effet : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Et à Philippe qui demandait de voir la face du Père, Jésus répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous et tu ne me connais pas, Philippe… »
Nous le voyons, dans peu de temps, ils auront la responsabilité d’être les colonnes de l’Église, mais ils sont encore loin d’être prêts. Rien n’a l’air très solide. Rappelons-nous cependant les paroles que Benoît XVI a prononcées lors de son élection : « Le Seigneur sait travailler et agir avec des instruments insuffisants. »
La faiblesse et la fragilité des disciples — aux premiers temps de l’Église comme aujourd’hui — ne doivent pas nous décourager. Elles ne sont pas à même de ruiner la valeur du témoignage évangélique. Celui-ci n’est pas un témoignage de nous-mêmes, mais du Christ. Aucun ne peut dire à propos de soi-même : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. »
Le témoignage chrétien rappelle tout simplement aux hommes leur vocation naturelle. Ils sont créés pour se tenir devant la face du Père « saints et immaculés dans l’amour » (Eph 1,4). Ensuite, la foi nous enseigne que le seul chemin qui y mène, c’est le Christ. Cela est vrai, frères et sœurs, malgré les manquements des disciples. La fragilité humaine ne masque pas la puissance du Christ ; au contraire, elle en appelle la manifestation !
Ne pas être à la hauteur de notre témoignage, c’est le lot de tous… En fait, ce n’est pas grave. Seulement, il ne faut pas rougir de ce témoignage. Et encore moins de faire des compromis.
Je pense à ce que je viens de dire : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Personne ne va vers le Père sans passer par moi. » Il ne faut pas perdre de vue que le Christ n’est pas seulement un chemin qui conduit au Père ; il faut tenir qu’il est le seul chemin ! C’est d’ailleurs le témoignage constant du Nouveau Testament. Après la guérison de l’infirme de la Belle Porte du temple, Pierre assure que cet homme a été guéri par le nom de Jésus et il ajoute : « Il n’est pas d’autre nom donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés. » (Ac 4,12) Dans sa première lettre à Timothée, Paul écrit : « Il n’y a qu’un seul Dieu, un seul médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus… » (1 Timothée 2,5)
C’est bien là le point difficile : le seul. Cela signifie qu’il n’y a pas d’autres chemin. Il combat cette idée reçue selon laquelle les religions de la terre seraient autant de chemins qui gravissent la montagne, chacun de son côté, mais qui aboutissent à un même sommet. Les religions de la terre sont peut-être des chemins, mais nous ne pouvons pas dire qu’ils arrivent « au sommet de la montagne », c’est-à-dire à la contemplation du Dieu vivant. Ils ne se comparent pas à ce seul chemin qui est le Christ. Je demande pardon à la mentalité inclusive actuelle. Mais vous voilà avertis, frères et sœurs, ce point peut susciter un certain inconfort quand nous tenons fermement cette « belle profession de foi » (1 Timothée 6,12).
Mais comment donner raison à notre determination à ne pas céder sur ce point ? J’ose faire cette démonstration par l’absurde… Imaginons le contraire, à savoir que le Christ ne soit pas le seul chemin. Cela signifierait qu’il faudrait relativiser tout ce que Jésus a vécu, y compris sa mort sur la croix. Celle-ci ne serait pas le sommet de l’injustice. Et donc les hommes auraient eu un certain droit à condamner le Seigneur puisqu’il n’aurait pas été pleinement innocent du mal. On pourrait dès lors se demander pourquoi Dieu aurait rendu justice à Jésus en le ressuscitant des morts. Or les faits plaident le contraire. Dieu a ressuscité Jésus (Ac 3,15). Et la résurrection atteste bien que Jésus est le seul juste et que, par conséquent, il est le seul chemin !
Frères et sœurs, demandons à Dieu de renouveler le don de son Esprit pour nous apprendre à marcher sur cet unique chemin qu’est le Christ (Colossiens 2,6). Qu’en ne renonçant jamais au dialogue, nous gardions au cœur et à l’esprit que le Christ est le seul chemin qui mène au Père. Enfin, que nous ne cessions jamais de rendre grâce à Dieu de nous donner cette assurance que ce chemin qui est le Christ aboutit et nous permet de réaliser notre désir le plus profond : voir le Père.

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