• Xavier Joachim

« Que votre cœur ne se trouble pas », Père D. Janthial | 5E DIMANCHE DE PÂQUES | 10/05/2020




Comme vous l’avez sans doute appris par la Newsletter ou le Tam-tam louvaniste, l’équipe paroissiale va légèrement se reconfigurer à partir de septembre prochain. Bon, il y a encore quelques mois d’ici là, mais


C’est tout de même touchant de voir combien, cette fois encore, la parole de Dieu nous accompagne et nous aide sur le chemin que nous avons à parcourir.

L’évangile en effet nous situe également à la veille d’un départ et un départ beaucoup plus important que celui du curé puisqu’il s’agit du départ de Jésus lui-même. Plusieurs d’entre vous m’ont écrit cette semaine pour exprimer une certaine tristesse. Les apôtres avaient aussi des raisons d’être tristes et Jésus va leur dire par deux fois dans ce chapitre 14 de l’évangile de Jean : « Ne soyez pas bouleversés » ou pour rester proche du texte grec : « Que votre cœur ne se trouble pas !... Je pars vous préparer une place » (Jn 14,1.27).


Pourtant, auparavant, par deux fois également, de part et d’autre du récit du lavement des pieds, l’évangéliste Jean avait appliqué ce même sentiment à Jésus lui-même : « Maintenant mon âme est troublée. Et que dirai-je ? Père, délivre-moi de cette heure ? Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure » (Jn 12,27) et à nouveau après le lavement des pieds : « Après avoir dit ces paroles, Jésus fut profondément troublé » (Jn 13,21). Même Jésus peut être troublé dans son cœur lui « le chemin, la vérité et la vie ». Or le serviteur n’est pas plus grand que son maître. Cependant Jésus ne se complaît pas dans cette tristesse qui le saisit à la perspective de son départ, il passe outre et entraîne les apôtres à sa suite. La difficulté rencontrée devient l’occasion d’une grâce plus abondante. Tant et si bien que deux chapitres plus tard, toujours dans le même contexte de ce long discours après la dernière Cène, Jésus ira jusqu’à affirmer : « Il vous est avantageux que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous » (Jn 16,7).


Jésus a montré le chemin. Et cette manière de résilience – comme on dirait maintenant – qui se produit grâce à la venue du consolateur, c’est-à-dire de l’Esprit Saint, est devenue la règle de fonctionnement de l’Église. Regardez dans l’extrait des Actes des Apôtres que nous avons entendu en première lecture. Lorsqu’une difficulté apparaît (et les difficultés n’ont pas mis longtemps à apparaître dans l’Église naissante) c’est le recours au Saint Esprit qui permet de surmonter cette difficulté et de rendre cette Église encore plus féconde. Dans le récit que nous avons entendu en première lecture, les apôtres ne parvenaient pas à faire face au surcroît de travail qu’entrainait la croissance de l’Église. Alors l’Esprit Saint leur a inspiré d’instituer le diaconat. Tout simplement. Ainsi sept hommes « remplis de foi et d’Esprit Saint » ont pu trouver leur place et participer à la construction de l’édifice ecclésial. La parole du Christ avant sa passion (« Je pars vous préparer une place ») prend donc ici une illustration nouvelle : Étienne, Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, les sept premiers diacres qui jusqu’alors étaient au chômage si l’on veut, ont trouvé leur place.


Pour prendre une image plus actuelle tout se passe comme dans ces jeux où c’est au fond la case vide qui permet de faire avancer les choses. « Il vous est avantageux que je m’en aille » avait dit Jésus. Jésus n’est pas venu pour laisser derrière lui un sillon de nostalgie et de regret chez ses disciples mais au contraire pour susciter d’autres Christs. « Celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi. Il en accomplira même de plus grandes, puisque je pars vers le Père ». Tout a été donné par Jésus dans sa vie historique mais tout se déploie maintenant dans l’Église qui est « Jésus répandu et communiqué », comme disait Jacques-Bénigne Bossuet.


C’est ainsi que Saint Pierre exhorte les chrétiens dans la seconde lecture : « Vous aussi, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle ». Et dans ce « aussi » on entend l’injonction du Maître de la Vigne qui sort jusqu’à la onzième heure du jour pour embaucher : « Allez, vous aussi, à ma vigne ! »


À chaque étape, à chaque départ, l’Esprit Saint peut si l’on a recours à lui susciter parmi les croyants un regain de créativité et de fécondité et mettre en mouvement de nouvelles générosités. En effet, comme dit le Psalmiste, « Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour, pour les délivrer de la mort, les garder en vie aux jours de famine ». Et nous avons vécu déjà de nombreux jours de famine eucharistique… Mais la parole de Dieu nous a accompagnés ! Alors, frères et sœurs, gardons-nous de céder à une tristesse stérile ! Bientôt nous célébrerons la Pentecôte – et nous espérons d’ailleurs qu’il nous sera possible de le faire dans cette église. Dans la foi, prions donc l’Esprit Saint que le Père a promis pour qu’il soit à nos côtés pour vivre cette étape ! Viens Esprit Saint !

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