• Eli0608

Témoignage 5ème dimanche de Carême

L’appel à préserver la nature a commencé tout simplement parce qu’on aime la nature.



Après notre mariage, nous sommes partis tous les deux 4 mois en Amérique Latine, où nous avons voyagé principalement dans des lieux sauvages, des grands espaces de nature. Nous avons passé 3 semaines dans une ferme biologique (en WOOFing). Nous étions quasiment en autarcie : nous mangions principalement les produits de la ferme. Nous avons appris à faire nous-même du fromage, du beurre, du pain, et à tout cuisiner nous-mêmes. Et dans cette ferme mais aussi pendant tout le voyage, nous avons mangé très peu de viande et découvert les légumineuses. C’est dans cette ferme que le premier déclic a eu lieu : en fait on peut très bien se passer de tout ce qu’on a dans un supermarché, et d’ailleurs quand on mange industriel, on ne sait même pas ce qu’on a dans son assiette. Manger des aliments qui allaient directement du potager à l’assiette, du fromage fait avec du lait que nous avions trait, nous a permis de prendre conscience de l’origine de nos aliments, de notre lien à la nature via l’alimentation et de combien elle nous est nécessaire et nous procure du bien-être. Nous avons pu nous réjouir de la Création. L’appel à la préserver, cette nature dont nous avons besoin mais que nous ne pouvons dominer, s’est présenté. « Si nous nous sentons intimement unis à tout ce qui existe, la sobriété et le souci de protection jailliront spontanément. » dit le Pape François dans l’encyclique « Laudato Si ». C’est comme cela que nous avons commencé à changer nos habitudes de vie au retour de ce voyage.

Cela a commencé par l’alimentation, inspirés de ce que nous avions vécu en voyage : du naturel, du biologique, du local, le moins transformé possible. De moins en moins de supermarché, de plus en plus de paniers en circuit court avec des produits de base.

Quand les magasins de vrac ont fait leur apparition dans la région, accompagnés de tous les livres et blogs « Zéro Déchets », on a commencé à remplir nos étagères de bocaux, de contenants. A faire nous-mêmes des produits d’hygiène et d’entretien. Grâce à l’offre de vrac qui se multiplie autour de nous c’est de plus en plus facile. Que de satisfaction de ne plus devoir jeter des emballages à chaque repas ! Aujourd’hui nous avons 1 poubelle de 60L toutes les 6 semaines à 4.

Avec l’arrivée de nos enfants, les langes réutilisables et les vêtements de seconde main. La question de la santé nous a aussi touchés en tant que parents et est un argument de plus pour éviter les produits chimiques dans l’alimentation, les langes, les produits d’hygiène, ….

Lorsqu’on ressent le besoin d’un objet, on se demande d’abord si on en a vraiment besoin. On se rappelle que tant de gens vivaient sans avant. Si nous voulons l’acquérir, on essaye d’abord en seconde main, via la donnerie, ou le fait maison. Avec toujours comme objectif premier de jeter moins et de consommer moins de ressources.

Cela demande un peu de temps et d’organisation mais tout cela s’apprend (l’homme est capable de beaucoup d’adaptations - on a bien réussi d’ailleurs à se passer des sacs plastiques jetables dans les supermarchés…).

Nos choix de vie se sont aussi orientés vers moins de trajets, et plus courts. Quasiment tous les trajets de Julie en semaine, avec ou sans enfants, sont faisables en vélo électrique. Du coup nous avons remplacé une de nos deux voitures par un bakfiets (vélo électrique avec un bac devant permettant de mettre jusque 3 jeunes enfants), auquel s’ajoute de temps en temps l’utilisation d’une voiture partagée dans notre quartier, du covoiturage ou l’emprunt d’une voiture dans la famille. Quand on cherche un plan B, on trouve toujours. 9 000 km ont été parcourus en bakfiets électrique en 2.5 ans, avec beaucoup de plaisir. Là aussi, on est plus reliés avec la nature. Tous les jours on a son bol d’air frais et la sensation au jour le jour du soleil, de la pluie, du vent, de l’humidité, de l’odeur des vaches, etc. Et comme chaque trajet demande plus d’effort, il est plus facile aussi de décider de ne pas faire une course, ou de la remettre à plus tard ce qui amène finalement à moins consommer. Il n’y a pas d’achat « rapide ». C’est ce que nous vivons tous aujourd’hui en confinement, et qui va peut-être nous apprendre à savoir dire non, à nous contenter de l’essentiel… .

Avec de jeunes enfants nos gestes comptent beaucoup, car ils imitent. Nous avons un jour ramassé une canette par terre lors d’une promenade et depuis, nous devons prendre un sac avec nous en promenade car ils ne laissent plus une canette trainer. Nous avons un rôle à jouer…

Quand notre ainée est entrée à l’école et a commencé à fêter son anniversaire avec des copains, nous ne voulions ni qu’un anniversaire impose une dépense non nécessaire aux parents des copains, ni que cet anniversaire soit l’occasion d’achats neufs non nécessaires, ni que le joli moment d’échange d’attentions ne se transforme en concours du plus gros cadeau. Nous avons donc fait part aux parents que le plus beau cadeau était la présence de leurs enfants et que le 2ème main et fait maison était bienvenu. Et chaque année la plupart jouent le jeu. Certains nous demandent des idées et nous en avons plein qui ne prennent pas forcément plein de temps aux parents. Une copine qui a beaucoup de vêtements de poupée en offre une partie, ou des vêtements trop petits à elle ; des dessins ; des friandises faites maison ; un « bon pour » une soirée pyjama, etc. Des emballages en tissus font le tour des anniversaires. Les grands-parents aussi parfois s’y mettent. Et les enfants ont toujours autant de plaisir à ouvrir leurs cadeaux, quels qu’ils soient. Il n’y a pas de standard.

Au fur et à mesure, tout cela nous a amené vers plus de simplicité dans nos vies. La simplicité fait du bien, elle nous débarrasse de la charge mentale de nous demander constamment si on ne pourrait pas avoir mieux, plus, plus facile… Julie depuis 2 ans n’achète plus que des vêtements en seconde main. Là aussi, l’offre grandit (magasins de seconde main, ventes privées, internet…). Mais quand il y a une envie soudaine, au lieu de se demander « j’achèterais un pull comme ça ou pas ? où ? à quel budget ? tout de suite ou j’attends les soldes ?), la question est résolue : soit j’en trouverai par hasard à une brocante, soit non. Je n’y consacre plus d’attention ni de budget. J’accorde de l’attention à autre chose.

Saint François d’Assise et le Pape François sont des modèles qui nous motivent, nous invitent à cette sobriété (heureuse !). Elle nous ramène à l’essentiel et nous permet de préserver la Planète, ce bien commun que nous ne pouvons dominer mais dont nous devons prendre soins solidairement. Tout comme aujourd’hui nous prenons soin solidairement de notre santé en ce temps de confinement.

Julie et Amaury Petit, Adeline et Harold (5 ans et 3 ans)

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