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PAROISSE
SAINT  
FRANÇOIS
Louvain-la-Neuve

Homélie pour le 4e dimanche de carême A | 15/03/2026 | P. Damien Desquesnes


 

J’ai un jour rencontré un prêtre qui, dans sa jeunesse avait été témoin de la guérison miraculeuse d’un aveugle de naissance. Pendant le chemin de croix, celui-ci s’était écrié : « Comme c’est beau Lourdes ! » En un instant, tout a changé dans la vie de cette personne. Et tout avait changé pour les autres. En effet, ses yeux n’étaient plus révulsés, et on découvrait pour la première fois un regard sur son visage.

Frères et sœurs, de toutes les parties du corps, la plus belle, c’est la tête parce qu’elle est le lieu de la rencontre interpersonnelle ; et de toutes les parties du visage, c’est le regard qui est la plus noble. Il n’est donc pas étonnant qu’une fois guéri de sa cécité, l’aveugle de l’Évangile ne soit pas reconnu. La relation avec lui ne pouvait pas ne pas changer…

 

Mais venons-en à l’Évangile de ce jour et à ce que provoque la guérison de cet aveugle qui mendie à la sortie du Temple. L’impression que me laisse ce passage, c’est un mélange de lumière et de confusion. Confusion tout d’abord : les gens qui savent ne savent plus très bien. Certains ne reconnaissent pas celui qu’ils ont toujours fréquenté. D’autres lui posent maintes questions ; ils ne parviennent pas à poser un jugement et finissent par expulser cet aveugle. La lumière ensuite : elle est dans le chef des humbles, l’aveugle né et le Seigneur.

 

Frères et sœurs, ce passage me donne l’occasion de souligner que nous sommes tous capables de réfléchir et de faire des raisonnements. Beaucoup d’entre vous êtes désireux de tendre vers la vérité et d’aller au fond des choses. Les pharisiens qu’évoque l’Évangile, eux aussi réfléchissent, mais curieusement, plus ils avancent dans leur enquête, plus ils s’éloignent de la vérité. Comment est-ce possible ? Pourquoi l’errance des meilleurs ?

Dans les raisonnements, tout est dans le point de départ, dans les prémisses. Et il est très facile de se méprendre à ce sujet. L’esprit des pharisiens est obscurci par cette idée que l’aveugle est tout entier dans le péché et que sa guérison a eu lieu un jour de sabbat. Ils sont dès lors incapables, par leur propre faute, d’ouvrir les yeux sur l’œuvre de Dieu.

Par contre, la simplicité de l’aveugle est déconcertante. Au contraire des pharisiens, il n’a pas étudié. Et, par conséquent, il en est réduit à s’en tenir au fait : « Il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et à présent je vois. » Un peu avant, il détaille ce qui s’est passé : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue ; il me l’a appliquée sur les yeux ; il m’a dit : ‘Va à Siloé et lave-toi’. J’y suis allé et je me suis lavé ; alors j’ai vu. » Pour le reste, l’aveugle ne s’avance pas. Mais avec une grande force, il se cramponne au fait, à ce qu’il a appris par expérience. Et avec ce bon point de départ, il peut réfléchir correctement. J’ai été guéri ; celui qui m’a guéri n’a rien de commun avec le péché ; il ne peut venir que de Dieu ! Voilà pourquoi il finit par donner sa foi en Jésus.

Nous avons, dans l’attitude de l’aveugle, tout le tempérament chrétien. Les Apôtres l’avaient également. Les Actes nous disent que c’étaient des hommes sans culture (Ac 4,13). Eux aussi, ils s’en tiennent rigoureusement aux faits : la résurrection de Jésus, la puissance de son nom qui a relevé l’impotent de la Belle-Porte. À la suite de cette guérison, les membres du Sanhedrin leur interdisent d’enseigner le nom de Jésus. Pierre leur répond : « Nous ne pouvons pas quant à nous ne pas publier ce que nous avons vu et entendu » (Ac 4,20). Eux aussi étaient humbles. En effet, en affirmant la vérité, ils n’ont pas cherché à plaire. Ils étaient prêts à en payer le prix : le sacrifice d’une vie tranquille.

 

L’aveugle de naissance et les Apôtres étaient humbles ; ils partaient des faits. Et pour cela, ils marchaient dans la vérité. Que dire alors du Christ ! N’est-il pas la vérité en personne ? (voir Jn 14,6) De fait, il dit à cet aveugle la vérité à son sujet, vérité en laquelle nous croyons tous : « Tu le vois — le Fils de l’homme — c’est lui qui te parle ». Une telle affirmation ne lui monte cependant pas à la tête. Il reste parfaitement humble parce qu’il ne cherche pas à plaire. Au contraire, pour notre salut, il s’est dépouillé de la gloire de sa divinité ; il a pris la condition de serviteur et devint obéissant jusqu’à la mort de la croix (voir Philippiens 2,6-8). Voilà donc le fait auquel aussi nous tenons : le Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures ; il est ressucité le troisième jour selon les Écritures (voir 1 Co 15,3-4). Voilà aussi l’événement — le mystère — que nous célébrerons dans trois semaines pour notre joie.  

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