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Homélie du 7E dimanche de Pâques - Année A | 21/05/2023 | P.Damien Desquesnes.


Nous sommes dans ce dimanche entre Ascension et Pentecôte. Après avoir vu Jésus monter vers le ciel, les Onze s’en retournent à Jérusalem. Il regagnent la chambre haute, le lieu des apparitions du Ressuscité. Ils sont également dépositaires de deux promesses. Le Seigneur les a assurés de recevoir une force, celle du Saint-Esprit. Et les anges ont attesté que le Ressuscité paraîtra à la fin des temps dans la gloire.


Qu’ont-ils fait en attendant ? Les Actes disent qu’ils priaient ensemble et assidûment. Le temps de l’attente de la réalisation des promesses devait être un temps occupé par la prière. Pour le dire autrement, les premiers disciples priaient parce qu’ils attendaient quelque chose. Prier, c’était montrer qu’ils étaient suspendus au don de Dieu. S’ils cessaient de prier, cela eût signifié qu’ils étaient résignés à ne plus rien attendre. Il leur aurait fallu dès lors retourner à la vie d’avant l’appel à suivre Jésus… Ainsi, prier, c’était tout sauf perdre leur temps.


Frères et sœurs, le temps s’écoule de la même façon pour tous. Celui qui prie n’échappe pas au vieillissement. Mais sa vie se déploie dans l’attente de Dieu et de ses promesses ; elle s’enrichit de la vie éternelle que le Christ veut lui offrir. Et quel trésor pour r l’Église que la prière ! Quand elle prie, elle traverse les siècles jusque’à la Venue du Seigneur !


Il y a un deuxième élément que nous pouvons tirer de la première lecture. La prière, nous le voyons, était une prière commune. Les Onze étaient réunis avec quelques femmes — dont Marie, la mère de Jésus — et ceux que les Actes appellent « les frères du Seigneur ». Tous priaient ensemble. Cette activité a rendu possible un élément fondamental du témoignage chrétien : la communion de l’Église : « À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13,35).


La première génération chrétienne a eu soin de prier d’un seul cœur et d’une seule âme. Ainsi, c’est la prière commune qui a forgé son unanimité. Nous avons un signe de cela dans la tradition du chant liturgique. Longtemps, comme le chant grégorien, il est resté un chant à une seule voix. C’est tardivement et non sans réticence que la polyphonie a fait son apparition dans le répertoire du chant sacré, à la fin du Moyen-Âge.


Frères et sœurs, il y a beaucoup de différence entre nous, des différences liées à la nature, mais aussi des différences de charismes et de dons spirituels, mais la prière intègre cette diversité dans une unique louange, dans un même témoignage. Voilà ce qui forme l’esprit d’une communion authentiquement ecclésiale.


Je voudrais terminer en évoquant une caractéristique de cette prière commune qui n’apparaît pas de façon évidente dans les Actes. Nous avons beau retourner le texte, mais nous ne savons pas le contenu de cette prière. Qu’est-ce que les premiers disciples pouvaient bien demander à Dieu ? Il semble que ceux-ci n’étaient pas obnubilés par l’efficacité de la prière. Elle ne cherchait pas à susciter un délire d’émotion ou de ferveur ; elle ne cherchait pas à servir une cause particulière.


La prière avait, pour premiers disciples, une valeur en soi, une valeur suffisante pour qu’ils y consacrent leur cœur et leurs énergies. Ils priaient parce que Jésus lui-même priait et, on le sait, il passait quelquefois la nuit entière à prier. Et maintenant qu’Il est auprès du Père, la prière l’occupe encore ; il intercède : « Je prierai le Père ».

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