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Homélie pour le 3E dimanche de l'Avent | 17/12/2023 | P. Damien Desquesnes

Dernière mise à jour : 3 févr.



Dimanche dernier retentissait l’appel de Jean Baptiste à la conversion. Le Précurseur du Seigneur nous accompagne encore aujourd’hui. Retenons ceci de sa réponse aux prêtres et aux lévites de Jérusalem : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ».


Nous sentons bien que Jean nous parle là de Jésus.

Curieusement, il avouera lui-même ne pas le connaître. Et pourtant, il n’aura aucune peine à le reconnaître quand il paraîtra sur les bord du Jourdain pour être baptisé : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde » (voir Jn 1,29-31).

Ainsi, Jean brille par son « sens surnaturel ». Je veux dire par sa capacité de discerner que Dieu est en train de s’approcher des hommes. Il reconnaît son action et sa présence secrètes, mais réelles, dans l’histoire. À l’inverse, les prêtres et les lévites envoyés par les pharisiens, bien qu’ils sachent les prophéties, n’y comprennent rien. Jean, lui, peut saisir infailliblement comment Dieu accomplit sa promesse. Pour lui-même d’abord, pour le Seigneur ensuite.


Il y a cependant autre chose que nous pouvons tirer de cette affirmation de Jean : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas »… Jean, en effet, n’est seulement capable d’élever l’esprit des hommes à la hauteur de la vérité. Même s’il apprend à ses contemporains que la Vérité n’est pas loin d’eux, il suscite également cette curiosité qui incite à la chercher pour mieux l’accueillir.

À vrai dire, c’est à cette condition que la vérité est intéressante : si nous aspirons à ce qu’elle se dévoile et se révèle. Comment aimer et garder une vérité que n’a pas pris de peine de chercher avant de la trouver ?


Derrière ces mots : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas », nous sentons que Jean parle du Seigneur. Je vous l’ai dit. Depuis Jean, il y a eu quelque progrès. Nous pourrions dire : « au milieu de nous se tient celui que nous connaissons »… Dès lors, avons-nous besoin de nous mettre encore à son école ?

Oui, nous connaissons qui est Jésus. L’Église elle-même nous a donné les mots qui nous permettent d’exprimer une foi juste au sujet du Christ : une foi digne de Dieu, une foi qui sauve. Les mots qui disent la foi sont importants, j’ai déjà abordé ce point avec vous il y a quelques semaines.

Cependant, la foi ne peut se contenter de mots ; elle ne peut faire l’économie de la quête du Seigneur, de l’aspiration à voir « Celui qui est au milieu de nous, mais que nous ne voyons pas encore ».

Dans le temps de Noël qui commence bientôt, nous ne rencontrerons que des chercheurs de Dieu. Les bergers, par exemple, dès qu’ils reçurent de l’Ange l’annonce de la naissance du Sauveur, ils se hâtèrent d’aller à Bethléem pour découvrir Marie et Joseph, et le nouveau-né couché dans une mangeoire (Lc 2,16). Après eux, les mages feront un long voyage pour voir celui que l’étoile annonçait : le « Roi des Juifs qui vient de naître » (Mt 2,2). Enfin, le vieillard Syméon, après l’avoir désiré toute sa vie, eut la joie de trouver l’enfant Jésus. Il dira alors : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face de tous les peuples » (voir Lc 2,25ss).


Frères et sœurs, pendant ce temps de l’Avent, la paroisse vous a proposé quatre soirées pour vous initier à la prière personnelle et pour partager l’expérience de cette prière. Si la prière est importante, c’est justement pour ceci : elle est le moyen de chercher le Christ du fond du cœur. Et cela, pour que le Christ ne soit pas seulement au milieu de nous, mais aussi en nous. Ainsi, la prière est le moteur qui développe et mûrit la foi ; par elle, la foi éclot en recherche de Dieu.

Que Jean Baptiste soit donc encore avec nous pour guider notre foi infailliblement, pour nous aider à rejoindre le Christ quand nos sens ne nous sont plus d’aucun secours. Il est en tout cas présent à chacun de nos eucharisties. Nous y entendons sa voix retentir : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde ». Puisse son intercession hâter la Venue du Seigneur !

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