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PAROISSE
SAINT  
FRANÇOIS
Louvain-la-Neuve

Homélie pour la vigile pascale | 4/04/2026 | P. Damien Desquesnes

Dernière mise à jour : il y a 2 jours


Chaque année, nous avons la grâce d’avoir des baptêmes à la vigile pascale. Mais notre paroisse n’est pas une île. Partout en Europe et dans le monde occidental, des adultes reçoivent le sacrement qui les régénère au cours de cette nuit. Et leur nombre ne cesse de croître.

Pourquoi un tel afflux de demandes ? Le sociologue dira — je l’ai entendu — : puisqu’il y a moins de baptêmes d’enfant, il y a forcément plus de baptêmes d’adulte. Oui ! Mais l’explication est assez pauvre et très superficielle. Peut-être est-elle une façon de dire : rien de nouveau. Et donc de se rassurer… car le monde sent bien que la vie religieuse lui échappe. Tant qu’elle est confinée dans ses limites, il ne faut pas trop s’en inquiéter.

Mais il faut parler avec les catéchumènes ! Chez beaucoup, la question décisive est celle du sens — le sens de l’existence humaine. Nous vivons sous le régime de la démocratie libérale. Elle a beaucoup d’avantages, dont celui d’organiser des transitions pacifiques du pouvoir. Ainsi, en assurant un État de droit, elle permet cette stabilité qui fait le lit de la prospérité économique. Cependant, elle s’abstient d’aborder la question du sens de l’existence humaine. Elle ne se réclame d’aucune transcendance. Elle laisse cela à ses citoyens en en faisant une question personnelle : à chacun de se débrouiller.

Or, celui que le Christ vient visiter — celui qui goûte combien le Seigneur est bon — celui-là comprend très vite que sa vie est faite pour lui, le Christ, et que sans lui, elle perd toute consistance. Non pas que le Christ réponde à la question du sens comme un professeur répond avec des mots à celle de ses élèves. C’est lui-même qui étanche la faim et la soif de l’homme ; c’est sa présence qui, en habitant le cœur de l’homme, illumine la vie. Ce cœur, en effet, grâce à la présence du Christ en lui, se dilate et retrouve sa souplesse. Désormais, il ne réalise pas seulement que le Seigneur est bon, mais aussi qu’il est bon de l’aimer lui, le Christ.

C’est ce sentiment et cet attachement qui avaient germé et s’étaient développés chez de nombreux disciples. Je ne parlerai aujourd’hui que de ces deux femmes que mentionnent le passage d’Évangile que nous venons d’entendre : Marie de Magdala et l’autre Marie, la mère de Jacques et de Joseph. En accueillant le Seigneur dans leurs vies, celui-ci les avait délivrées de leurs démons et de leurs liens adultères. Elles avaient retrouvé une vie droite et pleine de sens. En apprenant à aimer le Christ, elles pratiquaient désormais un amour chaste. Telle est l’expérience des femmes qui accompagnèrent Jésus jusqu’à la croix, elles qui, les premières, se rendirent au tombeau le matin de Pâques et qui le virent vivant. C’est, d’une certaine manière, l’expérience de nombreuses personnes qui s’approchent du baptême : elles ont découvert que le Christ a pour elles les paroles de la vie éternelle (Jn 6,68).

Je voudrais ajouter que ceux qui reçoivent la visite du Seigneur comprennent aussi très vite que la plénitude de vie à laquelle ils goûtent n’est pas une expérience qui leur est réservée à eux seuls. Elle est pour tous les hommes. Pas seulement pour quelques privilégiés, quelques béats ou exaltés. Il n’est pas interdit d’être plein de ferveur, mais l’exaltation n’est pas forcément le signe d’une grande foi. En effet, comme le disait Newman, l’esprit chrétien est, d’une manière générale, calme, réfléchi, générateur de paix et de réconfort.

Pourquoi un tel état d’esprit ? Parce que le disciple de Jésus ne fait pas que le suivre ou imiter son exemple. Il est bien davantage habité par sa présence : une présence permanente, une présence qui n’est pas soumise aux aléas de l’humeur, de la mode ou du sentiment. C’est la présence du Ressuscité, de celui qui a vaincu cette mort qui brise la vie de tout homme, de celui qui ouvre une brèche dans l’impasse de la mort. C’est la présence de celui qui fait taire la mort et qui ne lui permet plus d’avoir le dernier mot sur nos vies.

En effet, avec une mort qui met fin à tout, à quoi rime la succession de nos jours ? À quoi sert-il de faire quelque chose de bien de nos existences si la mort anéantit tout ? À quoi sert-il de faire des efforts s’il est impossible de s’élever au-dessus de soi-même ?

Des hommes et des femmes habités par la présence du Seigneur ressuscité, voilà ce que vous allez devenir, chers catéchumènes ! Voilà ce que vous êtes déjà, chers baptisés ! Prenez-en conscience : vous êtes des mystères vivants. Je veux dire : des hommes et des femmes dont les choix, les pensées, le comportement ne s’expliquent que par la présence du Seigneur qui vous habite et qui vous élève à la hauteur de l’éternité. C’est cela être témoin du Seigneur, témoin de ce qu’il est capable de remplir une vie, témoin que nous sommes faits pour lui, pour le connaître et l’aimer.

Je prie ce soir pour que la foi que vous professez de vos lèvres et votre comportement quotidien s’inspirent de la présence du Christ qui habite en vous. Que la vie et la foi ne s’opposent jamais à elle !

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