Copie de Homélie pour lev 16e dimanche du TO | 19/07/2026 - A | P. Damien Desquesnes
- Xavier Joachim
- il y a 7 jours
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Frères et soeurs, vous le savez, le Seigneur commence son ministère après son baptême dans le Jourdain, après aussi son séjour au désert. Il y fut mis à l’épreuve par Satan, mais Jésus lui tint tête et le diable dut prendre la fuite pour la première fois. C’est à partir de ce moment-là que le Seigneur se mit à annoncer que le Royaume des Cieux s’est approché. Il s’est approché parce que Satan a été défait et que son empire se met à décliner. Sa puissance cède devant celle du Christ. Saint Matthieu nous dit que d’un mot il chassait les esprits impurs. Comme tout a l’air simple et facile pour le Seigneur ; il n’y a aucun véritable obstacle qui puisse se dresser sur son chemin !
Tout est facile pour Jésus, si je puis dire. Mais peut-être n’avons-nous pas cette impression. En effet, quand nous découvrons le Royaume, nous avons, comme les serviteurs dont parle l’Évangile, la surprise et la peine de voir la violence qu’il subit. Cette violence est figurée par la présence de l’ivraie qui fait concurrence au bon grain. Cette présence scandalise les serviteurs du Maître : « N’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient-il qu’il y a de l’ivraie ? »
Étonnamment, le Maître ne s’alarme pas : « C’est un ennemi qui a fait cela. » Un ennemi qui s’est introduit de nuit, quand tout le monde dormait ; un ennemi qui a agi ainsi par crainte d’être découvert ; un ennemi qui n’a en fait aucun vrai pouvoir si ce n’est celui d’embêter son monde. C’est sans doute pour cela que le Maître demande à ses serviteurs de ne rien entreprendre pour ôter l’ivraie. Ce serait sans doute faire pire que mieux.
Certes, comme toute mauvaise herbe, l’ivraie accompagne la croissance du grain sans toutefois l’empêcher de se développer. On la retrouve ainsi à la moisson : sèche et sans fruit. Au bon grain de persévérer et de laisser faire le temps. À la fin, c’est-à-dire à la moisson qui symbolise le jugement final, le tri se fera entre le grain qui aura mûri et une herbe bonne à brûler.
Cette parabole du bon grain et de l’ivraie évoque la présence scandaleuse du mal dans notre monde : un mal qui ne devrait pas être, car Dieu ne l’a pas voulu… un mal quelquefois si présent qu’on peut se demander s’il y a du bon grain ou si ce bon grain finira par l’emporter.
Le Seigneur sait combien ses disciples souffrent violence de la part du monde. Aussi prie-t-il de cette façon : « Père, je ne te prie pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais. » Et de leur côté, les disciples prient avec les psaumes : « Ah, Seigneur, si tu exterminais l’impie. »
Remarquez bien ce que dit le psaume : « Ah, si tu exterminais l’impie ! » Et non pas : « Si nous exterminions l’impie ! » C’est à Dieu de se débrouiller avec les méchants et à nous de ne pas agir comme eux.
Laissez-moi tirer deux leçons du passage d’Évangile de ce dimanche.
La première : Avançons dans le monde avec cette assurance que donne la foi, à savoir que le Royaume se développe inexorablement. Il possède en lui-même sa propre force de croissance. Certes les gesticulations de notre monde peuvent impressionner, mais elles ne sont pas à même de ruiner la cause du Royaume.
La deuxième : Si nous regardons en nous-mêmes, nous pouvons constater la présence du bon grain dans ce désir d’être un vrai disciple. Ce désir souffre également violence de la part d’un tempérament récalcitrant ou de mauvaises habitudes. Nous pouvons avoir la tentation de nous en débarrasser, mais nous ne le pouvons pas. Qu’importe… le disciple ne doit pas se décourager en doutant de la puissance de Dieu. Les bons désirs que le Seigneur a semés en lui mûriront en vyrtus. Et le jugement de Dieu — la moisson — sera l’occasion d’une belle action de grâce.

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