Homélie pour lev 14e dimanche du TO 15/07/2026 - A | P. Damien Desquesnes
- Xavier Joachim
- 15 juil.
- 3 min de lecture

J’ai croisé il y a quelque temps un étudiant qui, voyant que j’étais prêtre, m’accosta pour me poser quelques questions. La conversation a duré une heure environ et, finalement, elle a porté sur la Loi divine ou plutôt sur sa formulation.
Vous connaissez la Loi de Moïse. Prenons cet exemple : « Tu ne voleras pas ». Dieu interdit expressément le vol et, sur le fond, nous trouvons cela juste. Mais notez que Dieu dit bien « Tu ne voleras pas » et non pas : « Ne vole pas ». Dans les deux cas, le vol est bien prohibé, mais il y a une nuance cependant. Quelle est-elle ?
Quand il est dit : « Tu ne voleras pas », il y a dans cette formule avant tout une interpellation. Un espace est ménagé où doit se former la volonté de ne pas voler. Pourquoi Dieu formule-t-il la Loi ainsi ? Tout simplement parce qu’il s’adresse à des êtres humains, à des hommes et à des femmes qu’il veut élever, et non pas à des pierres, à des animaux ou à une intelligence artificielle. À son chien, on dit, par exemple, « Couché » et non : « Tu iras te coucher ».
Je voudrais vous faire remarquer — ça vous étonnera peut-être — que beaucoup préféreraient que Dieu dise : « Ne vole pas ». Mais on aurait alors une religion faite de cases à cocher, où la conscience serait éteinte. Et si d’aventure elle s’allumait — ce qui est sa vocation — elle pourrait se révolter contre un Dieu qui l’oblige à faire ce qu’elle ne veut pas. Ou alors, par peur, elle se résignerait à une obéissance extérieure.
Quoi qu’il en soit, le Dieu vivant — Celui qui nous parle — dit bien : « Tu ne voleras pas ». Quand il énonce sa Loi, il a le désir non pas de l’écrire seulement sur des tables de pierre comme au temps de Moïse, mais surtout de la graver dans nos cœurs. La preuve en est le dernier commandement : « Tu ne convoiteras pas ». N’est-ce pas précisément un commandement qui concerne les mouvements de notre cœur ?
De même, le joug que le Christ impose à ses disciples — autrement dit sa religion — ne consiste pas à « cocher des cases ». Ce joug léger est celui de l’Esprit dont parle saint Paul dans la deuxième lecture : cet Esprit qui forme nos cœurs à l’obéissance des commandements : par l’Esprit, vous tuerez les agissements de l’homme pécheur.
En effet, quand la Loi est écrite dans le cœur, elle devient une manière d’être et nous faisons l’expérience, comme le dit saint Jean dans sa première épître, que les commandements ne sont pas pesants (1 Jn 5,3). Pourquoi ? Parce que la motivation à mettre en pratique les commandements, c’est l’amour que nous avons pour Dieu.
Frères et soeurs, n’ayons pas peur de nous mettre sous l’emprise de l’Esprit (Rm 8,). Certes, sa présence n’a rien de magique. Mais il fait patiemment notre éducation. Nous savons qu’il habite les profondeurs de Dieu (1 Co ) et celles des hommes n’ont pas de secret pour lui. l’Esprit connaît toute la difficulté que nous éprouvons à mettre les commandements en pratique. Mais il ne se décourage pas, malgré toutes nos chutes, de nous faire parvenir au but qu’il vise : nous faire aimer Dieu. En nous faisant découvrir notre péché, il inflige des coups à la dureté de notre cœur. Quelquefois il en fait jaillir les larmes de repentir qui l’attendrissent. Ainsi forme-t-il nos cœurs à aimer Dieu. Ainsi nous fait-il également découvrir la fidélité de son amour pour nous.

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