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PAROISSE
SAINT  
FRANÇOIS
Louvain-la-Neuve

Homélie pour la fête de Noël 24/12/25 | Abbé Eric Mattheeuws



 

Homélie pour la fête de Noël

 

Noël ! Voilà une fête à laquelle beaucoup de monde est attaché. Bien sûr elle revêt aujourd’hui un caractère commercial ; mais je reste convaincu que si Noël est tant fêté, c’est aussi pour des raisons plus profondes. En tout cas, le mystère de Noël nous semble à tous bien familier. Je vous invite à y regarder de plus près et à le redécouvrir à trois niveaux différents, qui nous mèneront d’étonnement en étonnement.


Tout d’abord, il y a la joie qui transparaît dans les paroles du prophète Isaïe, ou encore dans la course des bergers jusqu’à la crèche. Elle vient de l’annonce d’une grande nouvelle : une lumière, un salut pour tout le peuple. On comprend du coup que la nouvelle s’adresse à des gens qui vivaient de sombres moments, des circonstances douloureuses. Et voilà enfin l’espérance qui se lève. Notre première découverte est que la naissance du Christ vient offrir à ceux qui sont éprouvés un rempart contre la grande tentation du pessimisme, du défaitisme, voire du cynisme. Non, le malheur n’aura pas le dernier mot !


Ensuite, voyons bien en quoi consiste la bonne nouvelle de cette naissance : l’Enfant de la crèche est rien moins que Dieu lui-même, qui en son Fils est venu épouser la chair humaine. Dieu qui descend du ciel ? On peut comprendre que pour d’autres confessions religieuses il s’agisse là d’un blasphème. Comment Dieu peut-il en personne devenir humain ? Il n’est pas non plus surprenant que dès les débuts du christianisme des tentations hérétiques aient tenté d’atténuer le côté inconcevable de ce message. Pour certains, Jésus n’était pas vraiment Dieu, mais seulement un surhomme (adoptianisme, arianisme) ; pour d’autres, il n’était pas pleinement humain (docétisme, monophysisme). Il a fallu des conciles, dont principalement ceux de Nicée (325) et de Constantinople (381), pour que l’Église fixe le donné de la foi en s’attachant au chemin le plus difficile, un chemin de crête : Jésus est pleinement Dieu et pleinement homme, une personne en deux natures. C’est ce que nous proclamons dans notre Credo. Prenons la peine d’encore nous étonner – et de nous émerveiller – de cette visite de Dieu jusqu’au plus près de nos vies. Pourrait-il nous accompagner plus étroitement ? Pouvons-nous penser que nous sommes seuls ?

Ouvrons-nous à la présence de Dieu à nos côtés, partout et à tout instant !


Voici enfin le troisième étonnement, qui est même peut-être un dérangement… Encore une fois les bergers nous mettent sur la voie. En effet, ces hommes étaient dans la société d’alors de purs marginaux ; pire, ils étaient une sorte de parias, car vivant avec les animaux et donc impurs. De surcroît, vu leurs conditions de vie ils étaient incapables de respecter les prescriptions liturgiques et rituelles de la loi juive. Bref, des moins que rien. D’où vient qu’ils soient les premiers à recevoir l’annonce de la naissance du Sauveur ? La raison est aussi simple qu’incompréhensible par rapport à nos schémas spontanés : cela vient d’un pur choix de Dieu qui veut manifester que son amour, sa grâce, son salut sont absolument gratuits, qu’ils sont offerts à tous. Cela, c’est difficile à accepter pour les humains normalement constitués que nous sommes. D’accord pour que les dons de Dieu soient gratuits pour certains, voire beaucoup, mais quand même pas pour tous ! Il n’est quand même pas compliqué de voir que certains ne méritent pas du tout la faveur divine. Et au contraire nous nous attendons à ce que soient justement reconnus et rétribués tous nos efforts pour que Dieu soit content de nous. Mais non ; comme le dit Jésus, Dieu « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5,45). Disons-le clairement : la gratuité de la grâce est une pure révolution. Un des premiers à avoir été radicalement transformé par cette découverte fut saint Paul. Dieu sait si c’était un homme pieux et fidèle – une référence, un champion ! Il était convaincu qu’il ne pouvait qu’être un des favoris du Seigneur, son zèle étant la garantie des faveurs que Dieu ne pouvait pas manquer de lui accorder. Et voilà qu’un beau jour tout cela a volé en éclats : Paul a rencontré le Christ ressuscité qui l’a fait entrer dans une réalité absolument nouvelle : « tu es aimé de Dieu par pure gratuité, indépendamment de tes mérites – ou de ton péché. » Jésus a maintes fois observé que ceux qui étaient le plus disposés à se laisser toucher et convertir par cette annonce se trouvaient généralement du côté des pécheurs. Voilà donc notre troisième étonnement : alors qu’une part de nous-mêmes renâcle face à la logique de la gratuité, alors que nous disons si facilement dans des moments de grâce que « c’est trop beau pour être vrai », ou « trop beau pour durer », l’Enfant de la crèche s’offre comme Celui qui veut nous ouvrir à « l’inespérable ». Il n’a besoin que de notre confiance, de notre accueil. Il attend juste que nous descendions de notre cheval et que nous nous agenouillions devant lui, profondément touchés d’être aimés de cette façon-là. Bien sûr qu’après ça il nous faudra mesurer les conséquence de cet amour, ce qu’il implique dans la vie de ceux qu’il a transformés ; mais ce sera dans un second temps, et ce sera vainement si nous n’avons pas commencé par accueillir et accepter le bouleversement suscité dans nos cœurs par l’amour de Dieu manifesté en Jésus. C’est Noël ! Imitons les bergers, et approchons-nous de l’Amour qui nous attend, qui que nous soyons et quelle que soit notre vie !

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