Homélie pour le 5E Dimanche de Carême | 15/12/25 | Abbé Jérémie Kalumire
- Xavier Joachim
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Dans l’Ancien Testament, nous découvrons un Dieu qui fait « sortir » son peuple d’Égypte. Et dans la première lecture, Dieu annonce à son peuple qu’il le fera sortir de ses tombeaux : « Je mettrai en vous mon Esprit et vous vivrez. » En effet, le peuple d’Israël se trouve en grande détresse car il est déporté en terre d’exil. C’est là que le prophète Ézéchiel intervient pour raviver l’espérance des exilés. Dans l’Evangile de ce dimanche, Jésus qui fait sortir Lazare de son tombeau : « Lazare, viens dehors. » Le contexte de cet évangile est celui où Jésus est en route vers Jérusalem. Les disciples sont convaincus que cette montée vers Jérusalem est une marche vers la mort. A travers ce geste extraordinaire, Jésus veut raviver l’espérance de ses disciples.
En méditant cet Évangile, nous prenons conscience d’une réalité importante : ce n’est pas seulement Lazare qu’il faut sortir de son tombeau ; c’est l’humanité tout entière qu’il faut délivrer de la mort. Ainsi comme pour Lazare, le Seigneur nous dit à tous : « Viens dehors ! » Le sommet de l’Evangile est dans cette déclaration solennelle de Jésus : « Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ». Mais à une condition : il faut croire. « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu » dit Jésus à Marthe. Et quand Marthe, la sœur du défunt, dit à Jésus : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » Avec le Christ, nous pouvons toujours triompher de nos peurs et retrouver le courage et l’espérance de repartir en avant. Ainsi, dans la lettre aux Romains, l’apôtre Paul nous parle de l’Esprit qui nous fait sortir de l’emprise de la chair, c’est-à-dire des faiblesses de la condition humaine et du péché.
En méditant cet Évangile, nous prenons conscience d’une autre réalité importante : Jésus pleure lorsque Jésus se dirige vers la tombe de son ami. Ceci veut dire que Jésus est très sensible aux problèmes des hommes ; il se laisse émouvoir, il n'est pas indifférent, il a un cœur humain ; il nous ressemble, il est l'un de nous. Quand nous souffrons, il souffre ; quand nous pleurons, il pleure avec nous ; il partage nos souffrances, nos douleurs, nos joies. Avec le Christ, nous sommes invités être attentifs aux cris d’ici et de là-bas. Aujourd’hui, le même Christ compte sur nous pour participer à son œuvre de libération. Nous sommes donc appelés à enlever les pierres de tout ce qui sent la mort. Nous croyons que le Seigneur peut ouvrir les tombeaux. Mais nous savons aussi que sa parole et son action passent par nos engagements.
Nous sommes invités à vivre ce carême comme un passage vers une vie plus juste, plus solidaire, plus ouverte à Dieu et aux autres, à nous laisser toucher par les cris du monde et à les transformer en espérance partagée.

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