Homélie pour la commémoration des Fidèles défunts | 2/11/2026 - A | P. Damien Desquesnes

(Transcription d’après enregistrement audio)
Dans quelques jours, le 11 novembre prochain, nous célébrerons l’anniversaire de l’Armistice. Dans toutes les communes du royaume ce sera l’occasion de quelque manifestation patriotique. Et au cours de ces fêtes on énumère la liste des Anciens Combattants, de ceux qui sont morts au front, de ceux qui sont morts en déportation.Cela ressemble un peu à ce que nous faisons ce soir. Nous allons aussi nous rappeler des membres défunts de notre communauté et en particulier de ceux pour lesquels les funérailles ont été célébrées dans cette église au cours de l’année écoulée.
Mais ce qui se célèbre dans ces murs, ne correspond pas tout-à-fait à une énumération de noms. Si nous sommes rassemblés ici ce soir ce n’est pas seulement pour faire mémoire de nos défunts, c’est parce que nous savons au plus profond de nous-mêmes qu’il y a quelque chose que nous devons faire pour eux. En fait, l’Église s’est toujours occupée de ses défunts, depuis le début. Cela s’est d’ailleurs beaucoup amplifié au Moyen-Âge et curieusement, cela se perd depuis quelques années.
Nos frères défunts ont besoin de notre aide ! Et, il y a deux choses à faire. La première — et l’Évangile le suggère puisque le pain que Jésus est venu offrir au monde est un pain qui donne la vie éternelle à celui qui le mange — la première chose donc que nous avons à faire c’est de célébrer l’eucharistie pour nos frères et sœurs défunts. Les moines de Cluny avaient ce devoir très à cœur.
Mais il y a quelque chose que nous pouvons faire aussi nous-mêmes. Nous avons par notre vie l’opportunité de pouvoir aider ces défunts qui attendent leur délivrance et qui espèrent voir Dieu face-à-face pour se tenir devant Lui. L’Église nous le rappelle d’ailleurs en particulier cette année-ci, où nous fêtons les 800 ans de la mort de saint François, le patron de notre paroisse. Par notre vie nous pouvons hâter la délivrance de nos défunts en leur obtenant l’indulgence de Dieu. Comment ? Eh bien, en vivant nous-mêmes une vie toujours plus évangélique. Et l’Église nous donne quelques pistes.
Tout d’abord, se repentir profondément et sincèrement de tous ses péchés, de les avouer en confession. Ensuite, poser un geste de bonté désintéressée envers le prochain, un pauvre, voire même un ennemi. En priant aussi, de façon plus ardente, en nous approchant du Seigneur du fond du cœur. En apprenant à redire avec fierté les mots de notre foi, le Credo. Et en nous tournant avec plus d’assurance vers la Vierge Marie.
Vous connaissez certainement cette prière qui se termine par ces mots « Priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant, et à l’heure de notre mort. » Ce que l’Église nous invite à faire, elle en a reçu l’inspiration déjà au temps des Juifs ; et la première lecture le rappelle.
Parce que nous croyons qu’il y a un avenir après la mort de notre corps, alors cela veut dire que nos défunts ne sont pas perdus ; ils existent toujours ; ils vivent. Et par les liens d’amour qui existent avec eux et avec tous les saints, nous pouvons demander à Dieu, supplier, pour qu’ils progressent et soient délivrés de leurs liens pour enfin paraître devant Dieu saints et immaculés dans l’amour.
Certainement, si nous-mêmes nous avons à cœur de nous unir à eux, d’être soucieux de leur propre sort, nous partagerons avec eux le bonheur de voir Dieu pour toujours et sans jamais nous ennuyer.

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