Homélie pour la fête de la sainte Famille | 28/12/2025 | P. Damien Desquesnes
- Xavier Joachim
- 28 déc. 2025
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Dimanche dernier — le quatrième dimanche de l’Avent — nous avons eu l’occasion d’approcher saint Joseph. L’Évangile le désigne comme un homme juste. Il est aussi un homme de silence : Joseph ne parle pas, mais il écoute l’inspiration divine qui lui est transmise par des songes. Enfin, il est paradoxalement un homme d’action. Les songes ne le laissent pas dans la contemplation. Il cherche au contraire à s’accorder de façon courageuse et intelligente au mystère de la volonté divine. Il prend chez lui Marie, son épouse, donnant ainsi une paternité légale à Jésus.
Ainsi, le Fils éternel de Dieu, grâce à Joseph, sera reçu au sein d’une famille ; et c’est bien ce que Dieu attendait de lui, car cette famille serait nécessaire à la croissance humaine de Jésus.
J’ajoute que dès le début de l’histoire de l’Église, les chrétiens ont honoré la famille et l’ont défendue, comme en témoigne saint Ignace d’Antioche dans sa lettre aux chrétiens d’Éphèse (XVI,1) : « Ceux qui corrompent les familles n’hériteront pas du Royaume de Dieu ». Si les premières générations chrétiennes ont éprouvé le besoin d’en défendre la valeur, c’est qu’à l’époque déjà, tout n’était pas évident pour elle.
Mais nous ne sommes pas ici pour faire un cours d’histoire sur la famille. Concentrons-nous sur le problème de notre époque. En plus des combats et des luttes pour la fidélité et la prospérité de la famille, celle-ci se heurte à l’impasse d’un individualisme qui n’a pas d’équivalent dans le passé.
Cet individualisme veut que l’homme se définisse par les choix qu’il fait. Il sera ce qu’il aura voulu être. Il veut tout choisir, y compris son genre et l’heure de sa mort. Sa nature — c’est-à-dire son corps individuel, mais aussi le corps social (les autres) — sont un obstacle à l’élan de sa liberté. Personne n’a plus rien à lui dire ; il n’écoute pas les autorités. Dès lors, comment un tel homme peut-il accepter d’être lié pour toujours par des liens familiaux ? Soit qu’il doive les créer, soit qu’il en dépende…
Peut-être, frères et sœurs, que cet individualisme a peu de prise sur vous, mais il est certain qu’il imprègne la mentalité actuelle et donne du fil à retordre à tous ceux qui voudrait fonder une famille. Qu’est-ce qui peut rendre aux liens familiaux leurs lettres de noblesse, au désir de fonder une famille l’espoir de ne pas être vain ?
Je reviens à Joseph, à sa situation hors du commun…
Ce qui lui a permis de l’accepter, malgré ses réticences, c’est l’inspiration divine. Pour nous, c’est ce à quoi Dieu nous appelle qui nous donnera de croire à la nature, à la valeur de notre corps, à sa signification, de même qu’en la bonté et en la beauté du projet de se marier et de donner la vie. Et c’est précisément cette vocation qui nous donnera encore de croire à la fécondité des sacrifices à consentir pour la famille.
Nous adhérons en effet à un Dieu qui nous précède, qui nous construit, qui crée notre âme et notre corps, un Dieu qui nous sauve. Il nous appelle à prendre appui sur ce qu’il nous a donné pour nous dépasser. Et nous dépasser, c’est l’aimer de tout notre cœur, de toute notre intelligence, de toute notre force et de tout notre esprit. Enfin, en nous appelant à cela, il donne la mission à de jeunes parents d’éveiller l’âme de leurs enfants à la hauteur d’un tel amour.



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