Homélie pour le 17E dimanche du Temps ordinaire | 27/07/2025 | P. Damien Desquesnes
- Xavier Joachim
- 26 juil. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 30 juil. 2025

Cette semaine, j’ai été sollicité en pleine nuit pour résoudre un problème impossible. Comme je n’ai pas pu retrouver le sommeil, j’ai ouvert mon missel pour lire le passage d’Évangile que vous venez d’entendre. Je n’ai pas manqué de m’arrêter sur ce passage : « Jésus leur dit encore : ’Imaginez que l’un de vous ait un ami et aille le trouver au milieu de la nuit pour lui demander :Mon ami, prête-moi trois pains…’ » Évidemment, j’ai souri…
Cette anecdote est également l’occasion pour redire la nécessaire unité entre la foi que nous professons et nos actions concrètes. Du moins, il importe de ne pas fuir cet appel à l’unité entre l’Évangile auquel nous nous attachons et le style de notre vie. Bien sûr, chacune de nos vies est marquée par une certaine imperfection, je veux dire par un manque d’unité. Ce qui rassure, c’est que Jésus n’a jamais rejeté quelqu’un sur le motif qu’il serait imparfait. Il s’est seulement élevé vigoureusement contre ceux qui se nourrissaient de l’illusion d’être justes et qui sur cette base méprisaient les autres.
Heureux sommes-nous si nous nous savons imparfaits et si nos regards se tournent vers le Christ, le seul juste, Celui en qui Parole et Vie sont une seule et même chose. C’est précisément par son unité que Jésus attirait et fascinait ses contemporains et en premier lieu ses disciples. C’est pourquoi, à coté des choses que Jésus enseignait par la parole, il en a transmis d’autres par son exemple. C’est le cas de la prière qui est le thème du passage d’Évangile que nous avons entendu ce matin.
Saint Luc nous fait à plusieurs reprises le portrait de Jésus comme quelqu’un qui prie, ou plutôt comme quelqu’un qui est occupé par l’œuvre de la prière.
L’Évangile insinue que Jésus n’en a jamais parlé, contrairement à ce qu’avait fait avant lui Jean Baptiste, et probablement les maîtres en Israël. Il a commencé par l’exemple ; et il a attendu la demande des disciples avant de leur délivrer un enseignement.
Frères et sœurs, cette façon de faire est géniale… Le désir d’être enseigné au sujet de la prière est né dans le cœur des disciples en voyant l’exemple de Jésus. Cela veut dire que le Seigneur n’a pas dû convaincre les siens de l’importance de la prière, ni les y obliger. Leur demande d’être enseignés était déjà une prière : « Seigneur, apprends-nous à prier… » Jésus n’a eu qu’à élever, à donner une forme concrète à un désir, à une prière qui habitait déjà leur cœur. Le Christ sera donc, pour toutes les générations chrétiennes, un Maître incomparable. Sa prière a le don de faire germer la nôtre, par contagion.
Aussi, ce matin, je me bornerai à reprendre deux conseils que Jésus donne dans l’Évangile d’aujourd’hui pour nous aider à prier.
(1) Tout d’abord, pour prier, Jésus nous donne des mots — le Pater — ; il est donc vivement conseillé de les utiliser ! Pas en les récitant machinalement, bien sûr, mais au moins en pensant à ce que nous disons quand nous les employons. Ces mots ont la puissance de nous diriger de façon juste vers Dieu. Ce que je viens de vous dire au sujet de la prière que Jésus nous a apprise peut se dire également des psaumes, les hymnes de l’Église, mais aussi de ces prières composées par les grands saints.
(2) Ensuite, si vous voulez prier, il ne faut pas tellement se demander si nous en sommes capables. Il importe avant tout d’avoir foi en la bonté de Dieu. Il ne laisse jamais se perdre la prière des hommes. Rien ne nous interdit de réfléchir sur ce qu’il est juste de demander, mais ayons cette conviction que Dieu donnera toujours ce qu’il faut pour mieux le servir.
Je voudrais terminer ces mots en rappelant l’unité à construire entre la foi que nous professons des lèvres et l’action concrète qui doit être en harmonie avec la foi. Cette unité, nous la contemplons parfaitement réalisée en Jésus. Elle a fasciné ses disciples, lesquels ont voulu imiter le Maître en développant une vie de prière à son exemple. Je veux simplement dire que la prière, quand elle se répand dans notre vie, est un chemin vers l’unité. Celui qui prie sincèrement se met en effet en présence de Dieu, un Dieu qui est vérité et qui fait la vérité en nous, un Dieu qui montre tout le chemin à parcourir vers l’unité et qui nous y conduit.



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