Noël messe du jour | 15/12/25 | Abbé Jérémie Kalumire
- Xavier Joachim
- 25 déc. 2025
- 3 min de lecture

Chers frères et sœurs,
Noël est la fête la plus populaire. Le jour de Noël, on voit des choses incroyables se passer : les familles se rassemblent, des frères et des sœurs se réconcilient, des gens aident les pauvres et les démunis. Aucune date de l’année ne provoque un tel déplacement de familles, un tel échanges des cadeaux, des cartes des vœux… Cette fête est adoptée même par ceux qui refusent, par principe, toute référence chrétienne. Toutefois, que Jésus ne soit pas évoqué à Noël, ceci rappelle les paroles du Prologue de l’Évangile de Jean : « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu ».
A la messe de minuit, nous avons entendu le récit de la naissance de Jésus, selon Saint Luc. Je vous en rappelle l’essentiel. D’abord, Luc fait arriver Marie et Joseph jusqu’à Bethlehem, la maison du pain, parce que justement, c’est là que doit naitre le Verbe qui était au commencement, par qui tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui, en lui est la vie. Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né. Les temps furent accomplis, ce sont les temps, dans l’absolu, qui sont accomplis, non seulement les neuf mois de la gestation de Marie. Nous sommes arrivés à la fin des temps. La lettre aux hébreux nous le rappelle : « À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes. » C’est pour quoi Marie mit au monde non seulement « son fils premier-né », mais « le premier-né » par excellence, c’est-à-dire le premier-né du Père éternel. Car, comme le dit Saint Jean : « …à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. » En déposant son enfant dans une mangeoire, Marie nous l’offre en nourriture, non sans l’avoir entouré de bandelettes, comme on fait pour la sépulture -- ce qui annonce déjà la passion. Ainsi, cet enfant couché dans une mangeoire manifeste quelque chose d’infiniment plus grandiose : Celui qui est la vie, est venu prendre chair dans notre chair jusqu’à endurer la mort, celui-ci n’est pas une espèce de père Noël de pacotille. C’est à ce titre que l’ange annonce aux bergers une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : « Aujourd’hui... vous est né un Sauveur ». Et le récit se termine avec le chant d’un chœur céleste : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes, qu’il aime ».
Les anges ont certainement chanté dans la langue des bergers ! Et pour parler de paix, ils ont certainement utilisé le mot shalom, qui signifie le bien-être des humains entre eux, un bien-être fondé sur la justice et la vérité et qui s’exprime dans la fraternité et engendre la joie. Cette paix dont parlait déjà le prophète Isaïe : « Comme ils sont beaux sur les montagnes, les pas du messager, celui qui annonce la paix, qui porte la bonne nouvelle, qui annonce le salut, et vient dire à Sion : « Il règne, ton Dieu ! » L’Église a choisi l’une des plus longues nuits de l’année, pour célébrer Celui qui est la vraie lumière. C’est au solstice d’hiver que la liturgie proclame « la bienheureuse espérance » (Tt 2, 13) dans le Christ, soleil véritable et victorieux.
Il nous appartient, à nous, à chacun de nous, de voir ce qu’il nous est possible de faire pour que ce projet se réalise, pour que tous nos frères et sœurs en humanité soient rejoints dans leur vie de tous les jours par ce message de paix et de joie, d’espérance. Joyeux Noël.


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