Homélie pour le 2E dimanche A 18/01/26 | Abbé Eric Mattheeuws
- Xavier Joachim
- il y a 2 jours
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« Un remède contre la déprime »
Après avoir fêté Noël, la Sainte Famille, l’Epiphanie, le Baptême du Christ, la liturgie nous emmène maintenant pour quelques semaines dans ce qu’elle appelle le « temps ordinaire ». Clairement, cette expression nous renvoie à ce que nos vies peuvent avoir de routinier, de plutôt banal, voire de pas très enthousiasmant. Bref, des vies « ordinaires ». Nous sommes un peu comme les bergers qui, après avoir entendu le chant des anges et s’être extasiés devant l’Enfant de la crèche, n’ont plus qu’à s’en retourner auprès de leurs troupeaux et de leurs étables. Avec quel sentiment ? Un grand « bof » ? Jamais de la vie ! Au contraire, ils retournent dans leur quotidien avec un double cadeau qui va pouvoir les préserver de la morosité et du « à quoi bon ». Ce cadeau se trouve justement exprimé dans les lectures de ce jour, et ce en deux étapes.
Le prophète Isaïe, dans sa prière et son écoute du Seigneur, a reçu cette conviction : « j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur. » Voilà une phrase qui change complètement l’ambiance de la vie. Elle ressemble à cette autre phrase reçue par Jésus au jour de son baptême : « Tu es mon fils bien-aimé. » Elle nous dit que ce qui donne à notre existence sa raison d’être ne vient pas d’abord de nous-mêmes ; c’est plutôt un don qui nous vient de Dieu, et qui justement entre dans nos vies au moment du baptême. Pouvoir se lever chaque matin, jour clair ou jour sombre, avec cette parole qui nous accompagne : « Tu as de la valeur aux yeux du Seigneur. » Vu sous cet angle, aucun moment de la semaine n’est insignifiant.
La seconde étape vient ensuite : « Je fais de toi la lumière des nations. » Sous la plume de saint Paul, cela donne : nous sommes « appelés à être saints ». À l’annonce de la valeur de notre vie vient donc s’ajouter son orientation, son but : nous sommes là pour quelque chose. À travers les hauts et les bas de l’existence, nous souvenir que nos chemins ne sont pas vains, mais qu’au contraire Dieu nous a mis là pour faire de nous une lumière pour les autres. D’ailleurs Jésus lui aussi a fait cette expérience : ce n’est pas lui qui a cherché à donner un sens à son existence, mais il a reçu de son Père le pour-quoi de son passage sur terre. Jean-Baptiste l’a reconnu : il est celui « qui enlève le péché du monde. » Comme l’écrivait le pape François : « Je suis une mission sur cette terre. » Cela aussi est pour nous une grâce qui vient de notre baptême.
Alors, au moment où nous entrons dans le « temps ordinaire », ou dans l’ordinaire du temps, n’y allons pas comme des être résignés qui attendent seulement le prochain congé ou la prochaine fête. Mettons plutôt chacun de nos jours sous le signe d’une écoute de ce que murmure à nos oreilles ou à notre cœur la voix du Seigneur. Alors pourra monter sur nos lèvres ce verset du psalmiste : « dans ma bouche il a mis un chant nouveau. » Et nous voudrons peut-être dira au Seigneur : « Voici, je viens. »



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