Solennité du Christ, Roi de l'univers | 23/11/25 | Abbé Jérémie Kalumire
- Xavier Joachim
- 23 nov.
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La liturgie de ce jour vient clôturer solennellement l’année liturgique en nous présentant Jésus le Roi que nous avons célébré et écouté durant toute cette année liturgique C. Le temps des rois et des reines n’est-il pas terminé avec tous les abus de pouvoir que notre société connait ?
En effet, Jésus est un Roi Tout Autre. Et cela doit nous réjouir. L’histoire de David, le petit berger d’Israël, était déjà une annonce de ce que le Christ réaliserait lors de sa venue. Quand David est devenu roi, il a réuni le Royaume du Nord et celui du Sud. Jésus, lui, s’est présenté comme un rassembleur de l’univers entier. C’est pourquoi Saint Paul dit : « rendez grâce à Dieu le Père, qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints, dans la lumière. Nous arrachant au pouvoir des ténèbres, il nous a placés dans le Royaume de son Fils bien-aimé » Lui, le premier ressuscité, marche à la tête de l’humanité nouvelle. C’est avec lui et par lui que nous allons au Père.
Oui, nous avons de quoi rendre grâce individuellement et comme paroisse ! Réalisons-nous la joie de nous rassembler chaque dimanche ici pour prier comme un seul peuple avec un Seul Seigneur ! Du soir de mercredi passé au vendredi matin, notre paroisse a vécu les 40 heures d’adoration eucharistique ; les personnes de toute catégorie et âge se sont relayés chaque heure pour adorer la présence réelle de Jésus dans le très Saint Sacrément. La paroisse peut aussi rendre grâce pour ses catéchumènes, pour les participants du parcours alpha, pour le groupe des néophytes ; tous viennent écouter et rencontrer Jésus, le Seigneur ! La catholicité de l’église, l’unicité dans la grande diversité, est un signe fort de la royauté de Jésus, « Tout est créé par lui et pour lui. ».
En plus de rassembler, la royauté de Jésus est une royauté de service et de fraternité. Le Christ a réconcilié tous les peuples de la terre en livrant son Corps et en versant son sang. Ainsi, la messe, l’église peut être mal chauffée ; l’homélie du Curé peut ne pas être terrible ; mais la messe reste essentielle pour les chrétiens ; car, à la messe, le Roi se donne à manger. Le trône de Jésus est une croix, sa couronne, une couronne d'épines, son investiture, une condamnation à mort cloué au-dessus de sa tête : "Celui-ci est le roi des juifs!". Ses gardes du corps sont deux malfaiteurs condamnés avec lui. Aux yeux de tous, c’est une vie ratée, une défaite complète. Lorsque le Christ dit à Pilate que son royaume n’est pas de ce monde, il ne veut pas dire que son règne ne peut pas exister maintenant. Il affirme plutôt qu’il n’est pas une royauté de pouvoir, de richesses et de privilèges. Jusqu’au moment de la mort, l’évangile insiste sur cette royauté d’amour et de service : « Jésus, souviens-toi de moi dans ton royaume », demande le voleur condamné avec lui. Et la réponse à cet homme en train de mourir : « Aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis ».
Ce qui est extraordinaire c’est qu’il nous appelle tous à cette œuvre de service et de fraternité. « Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands font sentir leur pouvoir. Il n’en doit pas être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur, et celui qui voudra être le premier d’entre vous, sera votre esclave. C’est ainsi que le fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude. » (Mt 20, 25-28)
Pour nous qui prions : « Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne », le règne de Dieu à construire réclament des gens qui n’ont pas peur de payer de leur personne et de leur temps. Que le Seigneur obtienne à chacun de nous de trouver sa propre façon d’établir le royaume de Dieu autour de lui.


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